Les sigles — FPF, CNEF, UNEPREF, CMFI… — sont expliqués à part, dans la page 46.
- Adventisme
- Courant né du millérisme américain au XIXe siècle, centré sur l’attente du retour du Christ. Les adventistes du septième jour observent le samedi comme jour de repos.
- Anabaptisme
- Ensemble de mouvements de la Réforme radicale, dont Zurich en 1525 est un foyer majeur. Ils pratiquent le baptême sur profession de foi et ne reconnaissent pas comme valide le baptême reçu sans cette profession personnelle.
- Ancien
- Responsable d’une Église locale, chargé de sa conduite spirituelle avec d’autres ministres. Les modalités de désignation diffèrent selon les Églises. Le mot traduit le grec presbyteros.
- Anglicanisme
- Tradition issue de la Réforme anglaise : rupture avec Rome en 1534, réformes sous Édouard VI et établissement élisabéthain en 1559. Elle associe évêques, liturgie commune et courants théologiques divers.
- Baptême du croyant
- Baptême administré à celui qui professe lui-même la foi, par opposition au baptême des nouveau-nés.
- Camisards
- Protestants des Cévennes insurgés contre les persécutions de Louis XIV, de 1702 à 1710, après la révocation de l’édit de Nantes.
- Cène
- Repas institué par Jésus la veille de sa mort, célébré avec le pain et le vin. Les catholiques parlent d’eucharistie ; les familles protestantes divergent sur ce qui s’y produit réellement.
- Charismatique (renouveau)
- Mouvement apparu dans les années 1960 qui introduit les dons de l’Esprit — guérison, prophétie, parler en langues — à l’intérieur d’Églises existantes, catholiques comprises, sans qu’elles deviennent pentecôtistes.
- Clergé et laïcs
- Distinction entre ministres ordonnés et simples fidèles. La Réforme l’atténue en affirmant le sacerdoce universel : tout croyant a un accès direct à Dieu.
- Concile
- Assemblée d’évêques réunie pour trancher une question de doctrine ou de discipline. Nicée (325) et Constantinople (381) y fixent la foi trinitaire.
- Congrégationalisme
- Organisation dans laquelle chaque Église locale est souveraine : elle appelle son pasteur et décide seule, sans autorité extérieure.
- Dénomination
- Ensemble d’Églises partageant un nom, une confession de foi et une organisation communes. En histoire, le mot ne porte aucun jugement de valeur.
- Désert (le)
- Période de 1685 à 1787 pendant laquelle le protestantisme français, interdit, se réunit clandestinement. Le nom est emprunté à l’errance d’Israël.
- Diacre
- Responsable chargé du service concret — entraide, finances, accueil. Du grec diakonos, « serviteur ».
- Diète
- Assemblée politique du Saint-Empire. Celle de Worms, en 1521, somme Luther de se rétracter devant l’empereur.
- Édit de Nantes
- Texte signé par Henri IV en 1598, accordant aux protestants la liberté de conscience, des places de sûreté et un culte public autorisé seulement dans des lieux déterminés (interdit notamment à Paris). Révoqué par Louis XIV en 1685.
- Évangélique
- Aujourd’hui : famille d’Églises insistant sur la conversion personnelle, l’autorité de la Bible et l’annonce de l’Évangile. Au XVIe siècle, le mot désignait simplement ceux qui se réclamaient de l’Évangile, souvent les luthériens.
- Excommunication
- Exclusion officielle de la communion de l’Église, qui prive des sacrements. Luther en est frappé en 1521.
- Filiation
- Lien d’origine entre un mouvement et ceux qui en sont issus. Ce dossier trace des filiations, non des jugements de légitimité.
- Glossolalie
- Le « parler en langues » : prière en une langue non apprise, mentionnée en Actes 2 et 1 Corinthiens 14. Signe distinctif du pentecôtisme.
- Historiographie
- Manière dont l’histoire est écrite : les dates, les sources et les découpages que les historiens retiennent. Dire qu’une date est « communément admise par l’historiographie », c’est dire que les spécialistes s’accordent dessus.
- Huguenot
- Nom donné historiquement aux protestants français, surtout aux réformés. Il ne désigne pas l’ensemble des protestants ou des luthériens du monde.
- Indulgence
- Dans la doctrine catholique, remise de la peine temporelle liée à des péchés déjà pardonnés. Les abus de leur prédication et de leur financement sont au cœur de la contestation de Luther en 1517.
- Justification par la foi
- Conviction que Dieu déclare le pécheur juste par pure grâce, à cause du Christ et non de ses mérites. Cœur de la Réforme.
- Libristes
- Protestants français qui, au XIXe siècle, refusent la tutelle de l’État sur les Églises et fondent des Églises « libres », financées par leurs seuls membres.
- Liturgie
- Déroulement réglé du culte : prières, lectures, chants, sacrements. Chaque famille a la sienne, de la plus écrite à la plus libre.
- Luthérien
- Se rattachant à Luther. Ces Églises conservent une liturgie proche de la tradition et une doctrine propre de la Cène.
- Magistérielle (Réforme)
- Réforme conduite avec l’appui du « magistrat », c’est-à-dire des autorités civiles. Église et territoire sont étroitement liés, avec des formes d’organisation et d’appartenance variables.
- Martyr
- Littéralement « témoin » : chrétien mis à mort pour sa foi.
- Mennonites
- Églises issues des courants anabaptistes pacifiques, avec des racines notamment suisses et néerlandaises. Menno Simons consolide une branche importante et leur donne son nom, sans être le fondateur de toutes les communautés.
- Méthodisme
- Mouvement né en Angleterre avec John Wesley au XVIIIe siècle, ainsi nommé pour la méthode rigoureuse de vie de ses premiers membres ; il insiste sur la conversion et la sainteté pratique.
- Millérisme
- Attente, autour de William Miller, du retour du Christ vers 1843-1844. Sa non-réalisation donne naissance à plusieurs courants, dont l’adventisme.
- Moraves
- Communauté rassemblée à Herrnhut par le comte de Zinzendorf en 1722, héritière des frères tchèques de Jan Hus, pionnière de la mission protestante.
- Ordination
- Reconnaissance officielle d’un ministère, marquée par la prière et l’imposition des mains.
- Pasteur
- Ministre chargé de la prédication, de l’enseignement et de l’accompagnement d’une Église. Le mot signifie « berger ».
- Pentecôtisme
- Mouvement qui émerge au début du XXe siècle — Topeka en 1901, puis le réveil d’Azusa Street à Los Angeles dès 1906, d’où il se diffuse dans le monde —, centré sur le baptême du Saint-Esprit et les dons spirituels. Il est devenu l’une des composantes les plus nombreuses du christianisme mondial.
- Piétisme
- Courant allemand du XVIIe siècle qui déplace l’accent de la doctrine juste vers la foi vécue : lecture personnelle de la Bible, petits groupes, engagement.
- Profession de foi
- Déclaration publique par laquelle une personne reconnaît comme sienne la foi de l’Église.
- Prophétie
- Parole reçue comme donnée par Dieu pour une situation précise. Sa place et son autorité varient beaucoup d’une famille à l’autre.
- Radicale (Réforme)
- Nom donné à des courants divers qui contestent les limites des Réformes soutenues par les autorités. Les anabaptistes en sont une composante majeure ; leurs positions sur le pouvoir et la société ne sont pas toutes identiques.
- Réformé
- Se rattachant à la tradition issue de Zurich et de Genève. En France, le mot désigne aussi une dénomination précise — d’où la confusion fréquente.
- Réveil
- Période d’intensification de la vie religieuse : prédication, conversions nombreuses, création d’œuvres. Le protestantisme en a connu plusieurs, du piétisme au pentecôtisme.
- Sacrement
- Signe visible lié à la grâce de Dieu. La plupart des Églises protestantes reconnaissent le baptême et la cène, avec des interprétations et des vocabulaires différents ; certaines parlent d’ordonnances. L’Armée du Salut et les quakers ne les pratiquent pas sous leur forme rituelle habituelle.
- Sanctification
- Transformation progressive de la vie du croyant après sa conversion. Le méthodisme en a fait son thème central.
- Schisme
- Rupture de communion entre communautés ou Églises. Des questions d’autorité, de doctrine, de liturgie et de contexte politique peuvent s’y mêler. Le mot ne suffit pas à expliquer les causes de la séparation.
- Sola scriptura
- « L’Écriture seule » : principe selon lequel la Bible est l’autorité dernière, au-dessus des traditions et des institutions.
- Symbole de foi
- Texte bref résumant la foi commune, récité au culte. Celui de Nicée-Constantinople reste partagé par les catholiques, les orthodoxes et les protestants.
- Synode
- Assemblée de délégués — pasteurs et laïcs — qui décide pour un ensemble d’Églises.
- Trinité
- Confession d’un seul Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Nicée affirme en 325 la pleine divinité du Fils ; le symbole est élargi et précisé à Constantinople en 381.
- Vaudois
- Disciples de Pierre Valdo, à Lyon vers 1170, prêchant en langue du peuple. Persécutés durant trois siècles, ils rallient la Réforme au synode de Chanforan en 1532.