D’où viennent nos Églises protestantes ?

Une histoire de filiations, de réveils, de débats et de foi.

Des premiers témoins aux familles protestantes d’aujourd’hui, un parcours visuel pour comprendre leurs origines, leurs différences et leur héritage commun.

Comprendre avant d’approfondir

Une histoire, six étapes pour s’orienter.

Comment passe-t-on des premières communautés chrétiennes aux Églises d’aujourd’hui ? Suivez le fil, puis ouvrez les fiches qui vous intéressent. Une influence, une filiation et une coopération ne racontent pas la même chose.

Chaque étape s’ouvre à votre rythme.Accéder directement aux fiches →
01Ier–XIe siècles

Après les apôtres : transmettre et organiser la foi

Les apôtres disparaissent ; leurs écrits, les communautés qu’ils ont accompagnées et le témoignage reçu continuent de circuler. L’histoire chrétienne est faite de transmissions, de débats, de transformations et de ruptures.

IIe–IIIe siècles

Des communautés et une mémoire à transmettre

Les lettres d’Ignace d’Antioche témoignent de l’importance croissante de l’évêque, des anciens et des diacres dans plusieurs Églises. Polycarpe de Smyrne et Irénée de Lyon illustrent la transmission et la défense de la foi face à des interprétations concurrentes. Les formes d’organisation ne deviennent pas identiques partout en un jour.

Les Églises lisent, copient et confrontent les écrits reçus. Le canon du Nouveau Testament se constitue progressivement : le concile de Nicée n’a pas choisi les livres de la Bible.

313

Un changement dans l’Empire romain

L’accord associé à Constantin et Licinius reconnaît la liberté de pratiquer la religion chrétienne et prévoit la restitution de biens confisqués. Les relations entre Églises et pouvoir impérial se transforment. La reconnaissance légale ne se confond pas avec l’établissement ultérieur du christianisme nicéen comme religion impériale.

325 · 381 · 451

Préciser ce que l’on confesse

À Nicée, en 325, le débat porte notamment sur le rapport du Fils au Père ; Athanase devient un défenseur majeur de la foi nicéenne. Constantinople, en 381, précise le cadre trinitaire. Chalcédoine, en 451, confesse le Christ en deux natures, divine et humaine.

Ces décisions ne mettent pas fin à tous les désaccords. Les Églises orientales non chalcédoniennes ne reçoivent pas Chalcédoine ; leur histoire se distingue de celle des Églises orthodoxes byzantines.

354–430

Augustin d’Hippone : la grâce avant la Réforme

Évêque en Afrique du Nord, Augustin réfléchit au péché, à la grâce, à la liberté humaine et à l’Église. Son œuvre nourrit durablement les théologies occidentales, catholiques comme protestantes. Les réformateurs ne découvrent donc pas ces questions au XVIe siècle.

Il ne faut pas le confondre avec Augustin de Cantorbéry, associé à la mission envoyée en Angleterre en 597.

Moyen Âge

Transmettre, prier, traduire et réformer

Monastères, écoles, paroisses et missions entretiennent la vie chrétienne et la circulation des textes. Les Églises s’organisent dans des sociétés en transformation ; l’autorité de Rome s’affirme en Occident. Les projets de renouvellement spirituel précèdent les précurseurs du protestantisme. Ces siècles ont leur histoire propre.

1054, un repère

Orient et Occident s’éloignent

Les événements de 1054 symbolisent une séparation progressive entre Rome et Constantinople, nourrie de différences théologiques, liturgiques, politiques et culturelles. Il ne s’agit pas de la rupture instantanée de tous les chrétiens d’Orient et d’Occident.

À retenir Les réformateurs reçoivent une histoire chrétienne déjà longue. Pour comprendre leurs choix, il faut reconnaître à la fois cet héritage et ce qu’ils veulent transformer.

Repères et documents : sources du parcours guidé.

02XIIe–XVe siècles

Les précurseurs : pourquoi vouloir réformer ?

Pauvreté évangélique, accès à l’Écriture, prédication et autorité de l’Église : plusieurs mouvements posent des questions qui retrouveront une force nouvelle au XVIe siècle. Ils ne défendent pas tous le même programme.

Portrait évocateur de Pierre ValdoVers 1170 · Lyon

Valdo et les pauvres de Lyon

La pauvreté volontaire, la prédication et l’accès aux textes bibliques dans la langue du peuple sont au cœur de leur démarche. Le mouvement survit aux persécutions. Des communautés vaudoises rejoignent la Réforme à Chanforan en 1532.

Lire la fiche de Valdo →
Portrait de John WycliffeXIVe siècle · Angleterre

Wycliffe et les lollards

Wycliffe conteste certaines formes d’autorité et de richesse ecclésiastiques. Son entourage participe au mouvement de traduction biblique en anglais. Il meurt en 1384 sans avoir été exécuté ; ses disciples connaissent ensuite la répression.

Lire la fiche de Wycliffe →
Portrait de Jan Hus1402–1415 · Prague

Hus et les héritages hussites

Nourri notamment par Wycliffe, Hus prêche une réforme de l’Église en Bohême. Exécuté à Constance en 1415, il laisse un héritage pluriel. L’Unité des Frères naît en 1457 ; une partie de cette tradition rejoint bien plus tard Herrnhut.

Lire la fiche de Hus →

À retenir Les précurseurs agissent avec des communautés. Leurs héritages se transmettent, mais ne forment pas une organisation unique reliant directement les apôtres au protestantisme.

03XVIe siècle

Luther, Zwingli, Calvin : trois foyers, une histoire plus vaste

L’imprimerie et l’humanisme facilitent la circulation des textes. La Bible de Gutenberg, vers 1455, puis l’édition grecque du Nouveau Testament publiée par Érasme en 1516 donnent deux repères pour comprendre cette transformation.

1517 · Wittenberg

Martin Luther

Sa contestation des indulgences conduit à une rupture avec Rome. Il met au premier plan le salut par grâce reçu dans la foi. Melanchthon joue un rôle majeur dans la formulation et l’enseignement de cette Réforme.

Luther et son héritage →
1519 · 1523 · Zurich

Ulrich Zwingli

Sa prédication et les disputes de Zurich ouvrent un foyer propre. Il veut réformer le culte et la vie de l’Église à partir de l’Écriture. Après sa mort, Bullinger prolonge et consolide ce mouvement.

Zwingli et son héritage →
1536 · Genève

Jean Calvin

Son Institution devient un exposé majeur de la foi réformée. Farel le retient à Genève ; son séjour à Strasbourg auprès de Bucer nourrit sa réflexion. Son influence se déploie avec un réseau de pasteurs et de communautés.

Calvin et son héritage →

Ce qui les rapproche, ce qui les distingue

Ils confessent le Dieu trinitaire, la place décisive du Christ, le salut par grâce et l’autorité de l’Écriture. Ils ne donnent pourtant pas les mêmes réponses à toutes les questions.

Repères simplifiés : les positions et les pratiques évoluent aussi au cours de leur vie.
QuestionLutherZwingliCalvin
Salut et foiLa promesse du pardon et la justification par la foi sont centrales.La grâce de Dieu et la confiance en lui orientent la réforme de la vie chrétienne.La grâce, l’union au Christ et la vie de disciple structurent sa théologie.
Écriture et culteL’Écriture juge les doctrines ; une partie des formes liturgiques reçues est conservée.Le culte est profondément simplifié à partir de sa lecture de l’Écriture.Prédication, prière, sacrements et chant des Psaumes structurent le culte réformé.
BaptêmeMaintien du baptême des enfants ; accent sur la promesse divine.Maintien du baptême des enfants ; signe d’alliance et d’appartenance communautaire.Maintien du baptême des enfants ; signe et sceau de l’alliance.
CèneAffirmation de la présence réelle du corps et du sang du Christ avec le pain et le vin.Accent sur la mémoire du Christ, la foi et la confession communautaire ; refus d’une présence corporelle dans les éléments.Communion réelle au Christ par l’Esprit dans la foi, sans présence corporelle locale dans les éléments.
OrganisationDes Églises territoriales se structurent avec l’appui des princes.La réforme de Zurich se construit avec le conseil de la ville.Pasteurs, docteurs, anciens et diacres ; articulation parfois conflictuelle avec les autorités de Genève.
1529 · Spire

Le nom « protestant »

La protestation de princes et de villes contre une décision de la diète donne son origine au mot. La même année, Luther et Zwingli débattent de la cène à Marbourg : deux événements différents.

1530 · Augsbourg

Une foi exposée publiquement

La confession rédigée principalement par Melanchthon devient une référence luthérienne majeure. Des communautés se dotent de textes et d’institutions durables.

1534–1559 · Angleterre

Une autre trajectoire

Henri VIII rompt avec Rome en 1534. Cranmer contribue aux transformations sous Édouard VI ; après le règne catholique de Marie Tudor, Élisabeth Ire établit en 1559 une nouvelle organisation religieuse. L’anglicanisme naît de ce processus.

1545–1563 · Trente

La Réforme catholique

Le concile précise les positions catholiques et engage des réformes disciplinaires. Les confessions se distinguent aussi en dialoguant, en débattant et en s’opposant.

1555 · 1648

La coexistence reste difficile

La paix d’Augsbourg reconnaît en 1555 une coexistence territoriale du catholicisme et du luthéranisme dans l’Empire. Les traités de Westphalie, en 1648, élargissent le cadre aux réformés. Ces arrangements ne sont pas encore la liberté religieuse individuelle moderne.

1560 · Écosse

Knox et la tradition presbytérienne

John Knox participe à la Réforme écossaise avec d’autres ministres. La confession et l’organisation des communautés contribuent à l’histoire du presbytérianisme mondial.

À retenir Les trois réformateurs sont des acteurs centraux, au milieu de nombreux partenaires, de débats et de décisions politiques. Le protestantisme ne résulte pas d’un seul fondateur.

04Des convictions aux communautés

Pourquoi existe-t-il plusieurs familles protestantes ?

Qui baptiser ? Comment comprendre la cène ? Qui conduit l’Église ? Quel rapport entre foi personnelle, communauté et pouvoir civil ? Les réponses à ces questions contribuent à former des traditions distinctes.

Wittenberg · Augsbourg

Les luthériens

La justification par la foi, la distinction entre Loi et Évangile, la prédication et les sacrements marquent cette tradition. Elle maintient le baptême des enfants et une compréhension propre de la présence du Christ à la cène.

Son organisation varie selon les pays : évêques ou structures synodales. En France, cet héritage se retrouve notamment dans l’EPUdF et dans l’UEPAL, qui reste distincte en Alsace-Moselle.

Racines et réformateurs →
Zurich · Strasbourg · Genève

Les réformés et les presbytériens

La prédication biblique, la souveraineté de Dieu et l’organisation des communautés autour des ministères, des conseils et des synodes sont des repères importants. Zwingli, Bucer, Bullinger et Calvin contribuent à cet héritage.

En France, les réformés ont plusieurs trajectoires : l’EPUdF et l’UNEPREF en représentent des expressions distinctes. « Huguenot » appartient surtout à l’histoire des réformés français.

Calvin et la tradition réformée →
Angleterre · Communion mondiale

Les anglicans

Issu des transformations religieuses anglaises du XVIe siècle, l’anglicanisme conserve un ministère épiscopal et une liturgie commune, notamment le Book of Common Prayer, dont Cranmer est un acteur majeur.

La tradition rassemble des sensibilités évangéliques, anglo-catholiques et d’autres courants. Les débats puritains et séparatistes forment une partie du contexte d’émergence des baptistes ; Wesley reste anglican durant sa vie.

Le lien avec le méthodisme →

Baptiser après une profession de foi

Les anabaptistes, puis les baptistes dans une autre histoire, mettent l’accent sur l’entrée volontaire dans la communauté. Ils ne doivent pas être confondus.

Mennonites · Baptistes

Vivre et organiser l’Église autrement

Les libristes contestent la tutelle de l’État ; les assemblées de Frères valorisent la participation et la vie locale. Leurs histoires restent distinctes.

Libristes · Assemblées de Frères

Comprendre la grâce et la liberté

Au sein du monde réformé, les débats autour d’Arminius puis du synode de Dordrecht (1618–1619) portent notamment sur l’élection et la grâce. Leurs héritages traversent plusieurs familles.

Approfondir la grâce ↗

Explorer les relations

Choisir une famille, éclairer ses racines.

Les liens ci-dessous distinguent une filiation historique, une influence et une coopération. Ils ne constituent pas une généalogie exhaustive.

FiliationInfluenceCoopération
Famille
Les luthériens

Prédication, grâce et sacrements.

La confession d’Augsbourg de 1530 est une référence commune. Les structures ecclésiales varient selon les pays.

Lire la présentation →

À retenir Une famille théologique, une union d’Églises et une sensibilité spirituelle ne sont pas des catégories interchangeables.

05XVIIe–XXe siècles

Réveils et missions : la foi circule et se renouvelle

Les réveils intensifient la prédication, la conversion personnelle et la vie communautaire. Ils peuvent transformer des Églises existantes ou contribuer à de nouveaux mouvements. Les missions relient ensuite des acteurs et des sociétés de plusieurs continents.

1675 · Spener

Le piétisme : une foi vécue

Les Pia desideria proposent un renouvellement de la vie chrétienne au sein du luthéranisme. Lecture biblique, petits groupes et service du prochain comptent autant que la formulation doctrinale. Francke développe à Halle un important travail éducatif et social.

1706 · Tranquebar

Un premier jalon missionnaire moderne

La mission danoise de Ziegenbalg et Plütschau en Inde précède les départs moraves. Elle rappelle la pluralité des origines de l’élan missionnaire protestant.

1722 · 1727 · 1732

Herrnhut et les Moraves

Des réfugiés s’installent sur les terres de Zinzendorf en 1722 ; le réveil de 1727 soude la communauté. Les départs missionnaires de 1732 donnent une grande portée à cet élan. L’héritage de l’Unité des Frères rencontre ici le piétisme.

Zinzendorf et les Moraves →
1738 · XVIIIe siècle

Wesley et les réveils atlantiques

Le méthodisme naît dans l’anglicanisme, avec une influence morave importante. Whitefield et Edwards participent, selon des théologies différentes, aux réveils britanniques et américains. Prédication, groupes de formation et engagement social circulent entre les continents.

1792 · XIXe siècle

Carey et l’expansion des missions

La société missionnaire baptiste fondée en 1792 ouvre un nouveau chapitre. Traduction, école et annonce chrétienne impliquent aussi des enseignants, traducteurs, évangélistes et responsables locaux. Les relations avec les pouvoirs coloniaux sont variables et parfois conflictuelles : cette histoire comporte des coopérations, des asymétries et des résistances.

1865 · 1878

William et Catherine Booth

Leur mission dans l’est de Londres prend le nom d’Armée du Salut en 1878. L’engagement auprès des personnes démunies s’articule à l’annonce de l’Évangile ; Catherine défend aussi la prédication des femmes.

1901 · 1906

Les débuts pentecôtistes

Topeka en 1901 et Azusa Street à Los Angeles en 1906 sont des foyers majeurs. William J. Seymour conduit le réveil d’Azusa. Le mouvement reçoit plusieurs influences, dont le mouvement de sainteté, et connaît rapidement des développements locaux variés.

Pentecôtisme, ADD et Vie et Lumière →
1960 · 1974 · 1994

Renouveaux et coopérations contemporaines

Le renouveau charismatique traverse des Églises existantes à partir des années 1960. Lausanne, en 1974, réunit des évangéliques du monde entier : Billy Graham et John Stott y jouent des rôles majeurs. Toronto, en 1994, marque certains milieux charismatiques ; il ne résume pas l’évangélisme mondial.

Voir les repères contemporains →

À retenir Un réveil traverse des familles. Une mission implique des acteurs de plusieurs pays. Les Églises d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Océanie ont leurs initiatives et leurs histoires propres.

06Lire le paysage actuel

Des familles, des unions, des rencontres

Le parcours se resserre ici sur la France. Son paysage est une partie d’une histoire mondiale : les mêmes noms ne recouvrent pas toujours les mêmes organisations d’un pays à l’autre.

Une famille

Un héritage spirituel et théologique

« Luthérien », « réformé », « baptiste » ou « méthodiste » indique une tradition. Elle peut regrouper plusieurs unions indépendantes et des sensibilités variées.

Une union

Une organisation d’Églises

L’EPUdF, constituée en 2013, unit des héritages luthériens et réformés. L’UEPAL reste distincte en Alsace-Moselle. D’autres unions rassemblent des Églises baptistes, libristes ou pentecôtistes.

Une coopération

Travailler ensemble

La FPF, fondée en 1905, et le CNEF, constitué en 2010, ont des périmètres différents et des membres communs. Appartenir à l’un de ces ensembles ne signifie pas que toutes les Églises fusionnent ou partagent chaque interprétation.

Se situer sans classer la valeur des croyants

Une généalogie explique des héritages. Elle ne mesure ni la sincérité de la foi ni la fidélité personnelle au Christ. Les convictions doctrinales peuvent être décrites clairement sans jugement sur les personnes.

Distinguer appartenance et voisinage historique

Les adventistes du septième jour et les Témoins de Jéhovah ont des parcours différents. Une proximité d’origine au XIXe siècle n’implique pas une identité de doctrine ni une même appartenance protestante.

Adventistes · Témoins de Jéhovah

Donner leur place aux œuvres contemporaines

Les annexes sur la CMFI, Ellel et Hopesland prolongent le dossier selon le choix expliqué par l’auteur. Elles se consultent librement, comme études de cas, après le parcours général.

Ouvrir les annexes facultatives →

À retenir Pour situer une Église, demandez : quelle tradition reçoit-elle, à quelle union appartient-elle, avec qui coopère-t-elle et quelles convictions affirme-t-elle aujourd’hui ?

Vous avez le fil conducteur. Les portraits, la frise et les cartes permettent maintenant d’approfondir chaque rencontre et chaque bifurcation.

Ouvrir la bibliothèque des fiches →Consulter les sources
L’intention du parcours et les repères bibliques

Avant d’entrer dans l’histoire

Comprendre le projet et choisir son chemin

Cette introduction présente mon intention, quelques repères de lecture, le fil biblique qui guide le récit et la prudence nécessaire pour lire ses filiations historiques.

Avant-propos

Pourquoi ce site

Je suis protestant évangélique et, pendant longtemps, j’ai eu du mal à situer ma propre Église dans l’histoire. D’où vient-elle ? Quelles sont ses « cousines » ? Pourquoi existe-t-il tant de noms différents pour désigner des Églises qui partagent pourtant une même foi en Jésus-Christ ?

Les ouvrages sur le sujet ne manquent pas, mais ils sont souvent denses, parfois anciens, et rarement pensés pour le grand public. J’ai donc voulu rassembler, en un seul endroit, gratuitement et simplement, les éléments essentiels pour comprendre d’où viennent les Églises protestantes, ce qui les distingue et ce qui les unit.

Ce site est le dossier que j’aurais aimé trouver.

Il s’adresse au catholique ou à l’incroyant qui se demande ce que signifie le mot « protestant », comme au croyant qui connaît la Bible, mais connaît encore peu l’histoire de son Église.

Chacune de ces Églises possède une mémoire particulière, marquée par les persécutions, les réveils spirituels, les débats et les divisions,mais aussi par la foi et le courage d’hommes et de femmes qui ont voulu remettre la Bible entre toutes les mains, la traduire dans toutes les langues et permettre à chacun de la lire et de l’étudier.Raconter cette histoire, c’est transmettre leur mémoire et honorer le témoignage qu’ils nous ont laissé.

Si ce site donne à quelqu’un l’envie d’ouvrir la Bible, de mieux comprendre cette foi ou de pousser la porte d’une Église, alors il aura pleinement atteint son objectif.

Ce parcours est fait pour être corrigé et enrichi : si vous relevez une erreur ou une omission, dites-le.

Le fil conducteur

Près de vingt siècles pour accomplir une promesse

Le parcours commence au Ier siècle par sept jalons préparatoires ; la frise détaillée des familles protestantes commence en 1170 avec Pierre Valdo. Vers l’an 33, Jésus ressuscité confie à ses disciples une mission. Les vaudois, la Réforme, les réveils et les Églises évangéliques d’aujourd’hui s’inscrivent ensuite, chacun à leur manière et à leur époque, dans cette histoire. C’est ce fil qu’il faut garder en main pour parcourir les 46 pages.

« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

« Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Précision de lecture À propos de . Ce verset appartient à la finale longue de Marc (16.9-20), reçue dans la tradition de nombreuses Églises mais absente de certains manuscrits anciens ; plusieurs traductions modernes le signalent. Il est cité ici en toute transparence, aux côtés de et d’, et non comme l’unique fondement du mandat missionnaire.

Sept jalons avant la frise

Entre la Pentecôte et Pierre Valdo, la promesse n’a pas attendu : l’Évangile a déjà traversé l’Empire romain, la Gaule, les îles britanniques, la Germanie et le monde slave.

Ier siècle → 1170
v. 33 Jérusalem La Pentecôte : la promesse d’ commence à s’accomplir.
v. 50-60 Méditerranée Les voyages de Paul portent l’Évangile d’Antioche jusqu’à Rome.
177 Lyon Les martyrs de Lyon : une des premières communautés attestées en Gaule.
325 · 381 Nicée, Constantinople Nicée affirme en 325 la pleine divinité du Fils ; le symbole adopté à Nicée est élargi et précisé à Constantinople en 381. Il devient le principal repère trinitaire commun.
597-723 Cantorbéry, Germanie Augustin de Cantorbéry participe à la mission en Angleterre ; Boniface œuvre dans les pays germaniques.
863 Moravie Cyrille et Méthode traduisent l’Écriture en langue slave.
v. 1170 Lyon Pierre Valdo : la frise détaillée commence ici.

En image, les déplacements de Paul : ses voyages missionnaires relient plusieurs foyers de la Méditerranée. Il fonde et accompagne des communautés ; à Rome, où il arrive prisonnier, des chrétiens sont déjà présents. Ces routes illustrent une circulation de la foi, non le modèle unique de toutes les missions ultérieures.

Carte du ministère de Paul dans le monde du Ier siècle, montrant ses trois voyages missionnaires et son chemin vers Rome
Reconstitution cartographique moderne, d’après Biblica Open Bible Map (CC BY-SA 4.0).

Un détail qui dit tout : la même ville, Lyon, voit les premiers martyrs de Gaule en 177 et les premiers vaudois mille ans plus tard. Rien ne recommence jamais de zéro.

Trois siècles et demi séparent Valdo de Wittenberg. Portées par des communautés et parfois réprimées jusqu’au martyre, ces aspirations à une réforme de l’Église prennent, au XVIe siècle, une ampleur nouvelle avec Luther, Zwingli et Calvin.

Les pères du protestantisme

Martin Luther1483-1546Lire sa fiche
Ulrich Zwingli1484-1531Lire sa fiche
Jean Calvin1509-1564Lire sa fiche

Ce qu’ont fait Luther, Zwingli et Calvin

Trois hommes, trois foyers, une même conviction : l’Écriture avant l’institution. En un quart de siècle, ils font passer une protestation intérieure à l’Église romaine à l’état d’Églises organisées, dotées d’une confession de foi, d’une liturgie et de pasteurs formés.

Martin Luther

1483-1546 · Wittenberg, Saxe

En 1517, Luther conteste les indulgences. Après la diète de Worms en 1521, il séjourne à la Wartburg et traduit le Nouveau Testament, publié en 1522. Il revient à Wittenberg cette même année. La Bible allemande complète paraît en 1534, au terme d’un travail mené avec des collaborateurs. Sa prédication met au premier plan le salut reçu par grâce, dans la foi.

De lui viennent les Églises luthériennes.

Ulrich Zwingli

1484-1531 · Zurich

Prêtre et prédicateur au Grossmünster à partir de 1519, il commente l’Écriture livre après livre, du premier verset au dernier, et fait retirer du culte ce que la Bible ne prescrit pas : images, orgues, messe. Plus radical que Luther sur certains points, il rompt avec lui au colloque de Marbourg en 1529 : pour Zwingli, la Cène est un mémorial et non une présence réelle. Il meurt à la bataille de Kappel en 1531. Plusieurs de ses anciens proches, jugeant la réforme trop lente, pratiquent en 1525 le baptême de croyants adultes et forment l’un des premiers noyaux organisés de l’anabaptisme.

De lui vient la branche réformée suisse. À Zurich, plusieurs de ses proches — Conrad Grebel, Felix Manz — rompent avec lui sur le baptême des enfants : ce noyau est l’un des foyers de l’anabaptisme.

Jean Calvin

1509-1564 · Noyon, puis Genève

Français, juriste de formation, exilé pour sa foi. En 1536, à vingt-six ans, il publie l’Institution de la religion chrétienne, un exposé majeur de la foi réformée ; il la traduira lui-même en français en 1541, faisant de sa langue une langue de théologie. À Genève, il donne à l’Église une organisation durable — pasteurs, docteurs, anciens, diacres — et fonde en 1559 une Académie qui formera des pasteurs pour toute l’Europe, dont beaucoup repartiront évangéliser la France au péril de leur vie.

De lui viennent les Églises réformées, dont les huguenots français.

Aucun des trois ne cherchait à fonder une dénomination au sens actuel. La rupture avec l’Église catholique prit cependant des formes différentes : excommunication de Luther en 1521, adoption civique progressive de la Réforme à Zurich, séparation de Calvin d’avec l’Église catholique en 1534. Les familles décrites dans ce dossier naissent de ce mouvement — le plus souvent après leur mort, parfois en désaccord avec eux, toujours en revendiquant la même autorité : celle de l’Écriture.

Trois repères pour ne pas se perdre

La Réforme « magistérielle » (notamment Luther, Zwingli, Calvin et la Réforme anglaise) agit avec l’appui des autorités civiles : l’Église et la société territoriale sont alors étroitement liées. Parmi les courants de la Réforme « radicale », les anabaptistes développent une Église de professants : l’appartenance repose sur une foi personnellement confessée, exprimée par le baptême du croyant. Les réveils (piétisme, méthodisme, Réveil de Genève, pentecôtisme) intensifient la vie chrétienne dans plusieurs de ces traditions. L’évangélisme français actuel a reçu des apports de ces différentes histoires.

Ces trois repères — deux modèles d’Église et les réveils qui les traversent — aident à lire la frise. Les situations réelles sont plus diverses que ces modèles.

Quatre pièges à éviter

Quatre pièges reviennent dans toute histoire du protestantisme. Les connaître d’avance suffit le plus souvent à les éviter.

  1. Les mots changent de sens. « Évangélique » signifie « fidèle à l’Évangile », donc luthérien, en 1520 ; aujourd’hui il nomme une famille d’Églises. « Réformé » désigne à la fois le mouvement du XVIe siècle et une dénomination française actuelle. Le glossaire des mots précise ces usages ; la page 46 rassemble les sigles.
  2. Les filiations ne forment pas un arbre. Les familles s’empruntent : le méthodisme nourrit le pentecôtisme, qui revient ensuite dans des Églises réformées par le renouveau charismatique. D’où le premier repère : raisonner en deux modèles d’Église plutôt qu’en branches séparées.
  3. Les réveils reviennent. Piétisme, méthodisme, Réveil de Genève, Azusa Street : le même ressort ressurgit à quatre siècles de distance. D’où le troisième repère : un réveil n’est pas une nouvelle famille, c’est un phénomène qui traverse les familles existantes.
  4. Beaucoup de noms, beaucoup de sigles. Des figures historiques et une trentaine d’abréviations jalonnent le dossier. La galerie des visages (pages 12 à 16) et le glossaire sont là pour qu’on ne les confonde pas.

Deux pièges tiennent au vocabulaire, deux à la manière de se représenter l’histoire : le glossaire répond aux premiers, les trois repères aux seconds.

Huit repères de lecture

  • Histoire générale, pouvoir civilPierre Valdo, Wycliffe, Jan Hus
  • Réformés et luthériensJean Calvin, Antoine Court
  • Anabaptistes, mennonites, baptistesMenno Simons, John Smyth
  • Libristes et assemblées de FrèresFrédéric Monod, J. N. Darby
  • Moraves, méthodistes, réveilsJohn Wesley, Robert Haldane
  • Pentecôtistes et charismatiquesDouglas Scott, Clément Le Cossec
  • Structures communesFPF 1905, CNEF 2010
  • Millérisme, Étudiants de la BibleCharles T. Russell
Le code couleur des huit repères, repris en grand format à la page 11. Cliquez sur un portrait pour ouvrir la fiche de la famille correspondante.
Animation · en un coup d’œil

La frise en mouvement

Huit fils, huit courants : chaque fil naît à sa date, s’allume à chaque événement et court jusqu’à aujourd’hui. Les neuf pages qui suivent racontent ce dessin en détail.

Le tracé se déclenche quand la frise entre à l’écran — la page 1 fait référence.

Page 01 / 46

La frise : des précurseurs au CNEF

La frise : des précurseurs au CNEF

Les couleurs servent de repères : traditions réformées et luthériennes, anabaptisme, réveils, mouvements contemporains ou coopérations. Sur grand écran, les fils relient les événements ; sur téléphone, la frise devient une suite verticale plus lisible. Chaque date associe un lieu, un événement et son importance historique.

  1. v. 1170LyonPortrait de Pierre Valdo

    histoire générale et pouvoir civil — Pierre Valdo et les vaudois

    Un riche marchand lyonnais donne ses biens et prêche l’Évangile en langue du peuple. Excommuniés en 1184, les « pauvres de Lyon » survivent trois siècles dans les vallées alpines — et rallieront la Réforme au synode de Chanforan (1532).

  2. v. 1380OxfordPortrait de John Wycliffe

    histoire générale et pouvoir civil — John Wycliffe

    Le théologien d’Oxford place l’Écriture au-dessus du pape et lance la première traduction complète de la Bible en anglais, achevée après sa mort par ses proches. Ses disciples, les lollards, seront persécutés mais jamais éteints.

  3. 1415ConstancePortrait de Jan Hus

    histoire générale et pouvoir civil — Jan Hus au bûcher

    Venu au concile avec un sauf-conduit impérial qui ne sera pas respecté, le prédicateur de Prague, disciple de Wycliffe, est brûlé le 6 juillet 1415. Ses fidèles fonderont en 1457 l’Unité des Frères — dont descendent les Frères moraves.

  4. v. 1455Mayence

    L’imprimerie change l’échelle de la diffusion

    La Bible de Gutenberg illustre l’essor de l’imprimerie à caractères métalliques mobiles en Europe. Au siècle suivant, livres, traductions et pamphlets circulent plus largement. Cette innovation européenne a des précédents asiatiques.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20261 / 46

Page 02 / 46

Réforme, anabaptisme et premières filiations

  1. 1516Bâle

    Érasme : revenir aux textes

    Son édition du Nouveau Testament grec, accompagnée d’une traduction latine, nourrit le travail biblique des humanistes et des réformateurs. Érasme reste dans l’Église catholique.

  2. 1517WittenbergPortrait de Martin Luther

    réformés — Les 95 thèses de Luther

    Un moine augustin conteste le commerce des indulgences ; l’imprimerie diffuse le texte dans toute l’Europe en quelques semaines. Excommunié en 1521, Luther traduit le Nouveau Testament à la Wartburg en onze semaines : le peuple peut lire l’Écriture dans sa langue.

  3. 1519 · 1523Zurich

    Zwingli : un autre foyer de Réforme

    Zwingli commence sa prédication au Grossmünster en 1519. Les disputes publiques de 1523 accompagnent la transformation religieuse de Zurich. Son parcours rejoint celui de Luther sans se confondre avec lui.

  4. 1521Meaux

    réformés — Le cénacle de Meaux

    Autour de l’évêque Briçonnet, Lefèvre d’Étaples traduit le Nouveau Testament en français (1523). Première aurore évangélique française ; la répression suit dès 1523 avec le premier martyr français, Jean Vallière, brûlé à Paris.

  5. 1525Zurich

    anabaptistes et baptistes — Naissance de l’anabaptisme

    Le 21 janvier 1525, Grebel et Manz baptisent des adultes sur profession de foi : rupture avec l’Église d’État. C’est l’ancêtre des mennonites, et l’inspiration lointaine des baptistes et de toutes les Églises de professants.

  6. 1529Spire

    D’où vient le mot « protestant » ?

    Des princes et des villes protestent contre une décision impériale limitant les réformes religieuses. Le nom « protestant » s’élargit ensuite à plusieurs courants de la Réforme.

  7. 1530Augsbourg

    Une confession de foi luthérienne

    Rédigée principalement par Melanchthon et présentée à la diète, la confession d’Augsbourg expose la foi des réformateurs luthériens. Elle demeure un repère majeur de cette tradition.

  8. 1532Chanforan, PiémontPortrait de Guillaume Farel

    réformés — Les vaudois rallient la Réforme

    Guillaume Farel, évangéliste de la Suisse romande, obtient au synode de Chanforan que les héritiers de Pierre Valdo rejoignent la Réforme et financent la première Bible française traduite sur l’hébreu et le grec — celle d’Olivétan, imprimée à Neuchâtel en 1535. Quatre ans après Chanforan, c’est Farel qui retiendra Calvin à Genève.

  9. 1534–1559Angleterre

    Une Réforme en plusieurs étapes

    La rupture avec Rome sous Henri VIII en 1534 ne signifie pas une transformation doctrinale immédiate. Cranmer marque les réformes sous Édouard VI ; après le retour catholique sous Marie Tudor, le règlement élisabéthain de 1559 établit durablement la nouvelle situation.

  10. 1536Bâle, puis GenèvePortrait de Jean Calvin

    réformés — Calvin publie l’Institution

    Exilé après l’affaire des Placards (1534) et la répression qui suit, Calvin publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne : la Réforme francophone a sa théologie. Genève devient la plaque tournante du protestantisme français.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20262 / 46

Page 03 / 46

Les premières Églises protestantes françaises

  1. 1545–1563Trente

    Le catholicisme se réforme et se précise

    Le concile de Trente réaffirme la doctrine catholique sur l’Écriture et la tradition, la justification et les sacrements. Il engage aussi une réforme de la formation et de la discipline ecclésiastiques.

  2. 1546Meaux

    Une première communauté organisée

    Une communauté réformée se constitue à Meaux ; la répression est sévère. Paris, en 1555, adopte ensuite une organisation qui devient un modèle durable pour de nombreuses Églises françaises.

  3. 1555Paris

    réformés — Paris : un modèle d’Église « dressée »

    Après l’expérience réformée de Meaux en 1546, la communauté parisienne adopte en 1555 une organisation avec pasteur, anciens et diacres. Ce modèle se diffuse ; le premier synode national réformé français se réunit en 1559.

  4. 1560Écosse

    Knox et la Réforme écossaise

    Avec John Knox et d’autres ministres, la Réforme prend une forme confessionnelle et ecclésiale durable en Écosse. La tradition presbytérienne se développera ensuite bien au-delà de ce pays.

  5. 1572Paris

    histoire générale et pouvoir civil — La Saint-Barthélemy

    Après dix ans de guerres civiles ouvertes par le massacre de Wassy (1562), des milliers de huguenots sont massacrés à Paris et en province. Le protestantisme français ne s’en remettra démographiquement jamais tout à fait.

  6. 1598Nantes

    histoire générale et pouvoir civil — L’édit de Nantes

    Henri IV accorde aux réformés la liberté de conscience, un culte autorisé lieu par lieu, l’accès aux charges et des places de sûreté. Déclaré « perpétuel et irrévocable », ce traité de paix reste une concession du roi — et ce qu’un roi accorde, un autre pourra le reprendre.

  7. 1609AmsterdamPortrait de John Smyth

    anabaptistes et baptistes — Première Église baptiste

    John Smyth, séparatiste anglais exilé, se baptise avec sa communauté au contact des mennonites : baptême du croyant et héritage réformé. Son compagnon Thomas Helwys rentre à Londres en 1612, y fonde la première Église baptiste d’Angleterre et réclame la liberté de conscience pour tous.

  8. 1675Francfort

    Spener et le piétisme

    Les Pia desideria appellent à renouveler la vie des Églises luthériennes par la lecture biblique, la vie communautaire et une foi mise en pratique. Francke prolonge cet élan à Halle.

  9. 1685Fontainebleau

    histoire générale et pouvoir civil — Révocation de l’édit de Nantes

    Louis XIV interdit le protestantisme : temples rasés, pasteurs bannis, enfants baptisés de force. Environ 200 000 huguenots gagnent la Suisse, les Provinces-Unies, la Prusse et l’Angleterre — c’est le Refuge ; ceux qui restent prient en secret, au péril des galères.

Repère en marge : Meaux, 1546 — première Église réformée constituée.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20263 / 46

Page 04 / 46

Le Désert, les moraves et le méthodisme

  1. 1706Tranquebar, Inde

    La mission avant les départs moraves

    Ziegenbalg et Plütschau arrivent à Tranquebar dans le cadre d’une mission danoise liée au piétisme de Halle. Les communautés locales, les langues et la traduction occupent une place essentielle.

  2. 1715Les Montèzes, CévennesPortrait de Antoine Court

    réformés — Le « Désert » : Antoine Court

    Antoine Court, vingt ans, réunit le premier synode clandestin, treize ans après la révolte armée des Camisards (1702-1710). Pendant soixante-dix ans, les Églises « du Désert » célèbrent le culte dans les garrigues, au péril de la vie de leurs pasteurs.

  3. 1727Herrnhut, SaxePortrait de Nicolas de Zinzendorf

    réveils et méthodisme — Le réveil morave

    Des héritiers de Jan Hus, réfugiés chez le comte de Zinzendorf, vivent le 13 août 1727 un réveil qui les réconcilie. Ils lancent une chaîne de prière relayée jour et nuit pendant cent ans et envoient dès 1732 leurs premiers missionnaires — aux Antilles, puis au Groenland.

  4. 1730Aigues-MortesPortrait de Marie Durand

    réformés — La Tour de Constance : Marie Durand

    Emprisonnée à dix-neuf ans parce qu’elle est la sœur d’un pasteur du Désert, Marie Durand refuse d’abjurer et passe trente-huit ans dans la tour d’Aigues-Mortes. Le mot « REGISTER » — résister — gravé par les captives est resté celui de la mémoire huguenote.

  5. 1738LondresPortrait de John Wesley

    réveils et méthodisme — Conversion de John Wesley

    Au contact des moraves, Wesley sent le 24 mai, à Aldersgate Street, son cœur « étrangement réchauffé » pendant la lecture de la préface de Luther à l’épître aux Romains. Le méthodisme naît : prédication en plein air, petits groupes, sainteté pratique, cantiques de son frère Charles.

  6. 1740Nouvelle-Angleterre

    réveils et méthodisme — Le Grand Réveil

    Whitefield prêche en plein air devant des foules immenses ; Jonathan Edwards écrit pour discerner la vraie conversion de la simple exaltation. Le réveil traverse toutes les dénominations : c’est la matrice de l’évangélisme moderne.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20264 / 46

Précision de lecture — Le mot gravé à la tour de Constance

Le mot gravé dans la margelle de la tour est habituellement transcrit REGISTER, forme occitane de « résister » ; « resister » en est la lecture modernisée. La gravure est traditionnellement attribuée aux captives, sans qu’on puisse l’attribuer avec certitude à Marie Durand elle-même.

Page 05 / 46

Tolérance, réveils et premières familles françaises

  1. 1787Versailles

    histoire générale et pouvoir civil — Édit de tolérance

    Louis XVI rend aux protestants un état civil — naître, se marier, mourir légalement — mais pas encore la liberté de culte : elle viendra avec la Déclaration des droits de 1789. Les Articles organiques (1802) organiseront ensuite les Églises réformées et luthériennes.

  2. 1791Normandie

    réveils et méthodisme — Arrivée du méthodisme en France

    Guillaume Mahy, natif de Guernesey, est envoyé sur le continent : la conférence méthodiste de 1791 inscrit « France » à son registre. De la Normandie le mouvement gagnera le Midi ; une union méthodiste française se structurera au XIXe siècle.

  3. 1792Angleterre, puis Inde

    Carey et la mission baptiste

    Une société missionnaire baptiste est fondée en Angleterre en 1792. William Carey part en Inde l’année suivante. Les traductions et l’annonce chrétienne se développent avec des collaborateurs locaux et d’autres réseaux missionnaires.

  4. 1810Nomain, Nord

    anabaptistes et baptistes — Premiers baptistes français

    Un réveil paysan gagne le Nord ; l’évangéliste Henri Pyt, sorti du Réveil de Genève, s’y installe en 1819, et vers 1820 naît la première Église baptiste de France. Des missions américaines viendront ensuite épauler le mouvement.

  5. 1817GenèvePortrait de Robert Haldane

    réveils et méthodisme — Le Réveil de Genève

    Sous l’impulsion de l’Écossais Robert Haldane, qui leur lit l’épître aux Romains, Malan, Frédéric Monod et Merle d’Aubigné reçoivent une impulsion décisive ; Adolphe Monod relaiera plus tard le Réveil. Ils redécouvrent la conversion et l’autorité de l’Écriture, qui gagneront toutes les Églises de France.

  6. 1832Plymouth, puis SuissePortrait de John Nelson Darby

    Frères et libristes — John Darby et les « Frères »

    Le mouvement des « Frères », né à Dublin puis à Plymouth, prêche une Église sans clergé, réunie autour de la Cène. J. N. Darby, ancien ministre anglican d’Irlande, le portera en Suisse romande à partir de 1837, d’où il gagnera l’Ardèche, la Drôme et le Midi.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20265 / 46

Précision de lecture — Réveil de Genève

Haldane influence directement notamment César Malan, Frédéric Monod et Merle d’Aubigné. Adolphe Monod devient ensuite une grande figure française du Réveil, mais ne relève pas exactement du même premier cercle genevois.

Page 06 / 46

Millérisme, Frères, libristes et Étudiants de la Bible

  1. 1844États-UnisPortrait de Ellen White

    millérisme, adventisme, Témoins de Jéhovah — La « Grande Déception » millérite

    Le prédicateur baptiste William Miller annonce le retour du Christ pour 1843-1844 ; ses disciples fixeront ensuite la date du 22 octobre 1844. L’attente échoue ; du mouvement éclaté sortent les adventistes du septième jour (Ellen White) — et le terreau d’où sortiront plus tard les Témoins de Jéhovah.

  2. 1848Îles britanniques

    Frères et libristes — Frères « étroits » et Frères « larges »

    Le mouvement des Frères se divise : les darbystes « étroits » refusent toute communion avec les autres Églises ; les « larges », autour de George Müller à Bristol, acceptent la coopération. C’est de la branche large, implantée plus tard en France, que naîtront les CAEF.

  3. 1849ParisPortrait de Frédéric Monod

    Frères et libristes — Union des Églises évangéliques libres

    Au synode de 1848, l’Église réformée refuse d’adopter une confession de foi ; Frédéric Monod et Agénor de Gasparin la quittent pour des Églises de professants, libres de l’État et de son salaire. Ce sont les « libristes » — l’UEEL d’aujourd’hui.

  4. 1865Londres

    William et Catherine Booth : foi et service

    La mission fondée dans l’est de Londres par William et Catherine Booth devient l’Armée du Salut en 1878. Évangélisation et accompagnement des personnes en difficulté y sont étroitement associés.

  5. 1879PittsburghPortrait de Charles T. Russell

    millérisme, adventisme, Témoins de Jéhovah — Russell et les Étudiants de la Bible

    Nourri par d’anciens milléristes (Storrs, Barbour), Charles T. Russell lance la Tour de Garde : chronologies prophétiques, annonce de 1914, rejet de la Trinité. Les premiers groupes atteignent la France au début du XXe siècle.

  6. 1905Paris

    maisons communes — Séparation des Églises et de l’État

    La loi met fin au régime des cultes reconnus : les Églises perdent le salaire de l’État et gagnent la liberté de s’organiser. La même année naît la Fédération protestante de France (FPF), qui regroupera peu à peu de nombreuses familles, sans les réunir toutes.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20266 / 46

Page 07 / 46

Azusa Street et le pentecôtisme en France

  1. 1906Los AngelesPortrait de William Seymour

    pentecôtistes et charismatiques — Azusa Street : le pentecôtisme

    Dans un ancien local d’Azusa Street, le prédicateur noir William Seymour conduit un réveil marqué par le baptême du Saint-Esprit et le parler en langues, où Blancs et Noirs prient ensemble en pleine ségrégation. Issu du mouvement de Sainteté — fils du méthodisme —, il gagnera le monde en une génération.

  2. 1921Nogent-sur-MarnePortrait de Ruben Saillens

    anabaptistes et baptistes — L’Institut biblique de Nogent

    Ruben Saillens, pasteur baptiste et prédicateur du Réveil, ouvre un institut biblique où se formeront pendant un siècle des pasteurs de presque toutes les familles évangéliques françaises. Quarante ans avant Vaux-sur-Seine, la formation est déjà le premier terrain commun.

  3. 1930Le Havre, RouenPortrait de Douglas Scott

    pentecôtistes et charismatiques — Douglas Scott en France

    Venu apprendre le français avant de partir pour le Congo, le prédicateur britannique Douglas Scott est accueilli au Havre par Hélène Biolley, qui y tient le café sans alcool du Ruban Bleu. Son ministère d’évangélisation et de guérison lance le pentecôtisme français.

  4. 1931Columbus (États-Unis)Portrait de Joseph Rutherford

    millérisme, adventisme, Témoins de Jéhovah — Le nom « Témoins de Jéhovah »

    Joseph Rutherford renomme et centralise le mouvement de Russell. Sa doctrine antitrinitaire le situe hors du protestantisme confessant — ni FPF ni CNEF — mais ses racines plongent bien dans les réveils protestants américains.

  5. 1932France

    pentecôtistes et charismatiques — Organisation progressive des Assemblées de Dieu

    La première convention des Assemblées de Dieu se tient au Havre : confession de foi commune et journal. Huit Églises en 1933, une trentaine en 1941 — elles seront plus de cinq cents aujourd’hui, l’une des plus grandes unions évangéliques de France.

Repère en marge : Topeka, 1901 (Kansas).

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20267 / 46

Page 08 / 46

Réunification réformée, Vie et Lumière et renouveau charismatique

  1. 1938France, Midi

    réformés — Réunification réformée — et l’UNEPREF

    Les Églises réformées françaises se réunissent en une seule Église. Une partie des Églises du Midi refuse une union dont l’engagement confessionnel leur paraît insuffisamment contraignant : elles forment une union réformée évangélique indépendante, aujourd’hui l’UNEPREF.

  2. 1952Bretagne, NormandiePortrait de Clément Le Cossec

    pentecôtistes et charismatiques — Réveil tzigane : Vie et Lumière

    Autour du pasteur breton Clément Le Cossec, des guérisons ouvrent un réveil chez les gens du voyage. En novembre 1954, un millier de Tsiganes se rassemblent à Brest pour des baptêmes sur la grève. Vie et Lumière deviendra l’un des plus grands mouvements évangéliques de France, conduit par des pasteurs issus du voyage.

  3. 1957France

    Frères et libristes — Vague d’implantations d’Églises

    France Mission, puis Perspectives, les CAEF — assemblées issues des Frères larges, structurées en union — et de nombreuses œuvres implantent des Églises dans les villes sans témoignage évangélique.

  4. 1960Californie, puis diffusion internationale

    renouveau charismatique — Des dons spirituels dans des Églises existantes

    En Californie, le pasteur épiscopalien Dennis Bennett témoigne en 1960 d’une expérience qu’il décrit comme un baptême du Saint-Esprit. Le renouveau charismatique se diffuse dans des Églises existantes, puis en France. Les Églises issues des migrations ont, de leur côté, des histoires et des sensibilités variées.

  5. 1965Vaux-sur-Seine

    maisons communes — Une faculté commune

    La Faculté libre de théologie évangélique ouvre ses portes. Elle donne une nouvelle dimension universitaire à la formation commune entre plusieurs familles évangéliques, dans le prolongement de coopérations déjà anciennes, notamment à Nogent depuis 1921.

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20268 / 46

Précision de lecture — Plusieurs phénomènes à distinguer

Quatre repères que la page condense et qu’il faut séparer. 1952 est l’année du réveil et du début du ministère de Clément Le Cossec ; la Mission Vie et Lumière n’est formellement structurée que vers 1954. Le jalon « France-Mission, Perspectives, CAEF » réunit trois réalités qui ont chacune leur propre histoire. Le renouveau charismatique et les Églises issues des migrations sont deux phénomènes distincts, contemporains mais indépendants. Enfin, la FLTE est une étape majeure de la formation théologique évangélique, mais elle n’en est pas la première : l’Institut biblique de Nogent était déjà interdénominationnel depuis 1921.

Page 09 / 46

De Lausanne aux Églises d’aujourd’hui

  1. 1974Lausanne

    Un rendez-vous évangélique mondial

    À l’initiative de Billy Graham, des chrétiens de nombreux pays se réunissent autour de la mission. John Stott joue un rôle majeur dans la Déclaration de Lausanne, qui relie annonce de l’Évangile et responsabilité sociale.

  2. 1994Toronto, CanadaPortrait de John et Carol Arnott

    pentecôtistes et charismatiques — La « Bénédiction de Toronto » et Catch The Fire

    Des réunions conduites par Randy Clark dans une Église Vineyard de Toronto ouvrent une vague de renouveau qui attire des visiteurs du monde entier. Séparée de Vineyard en décembre 1995, l’Église devient Toronto Airport Christian Fellowship en 1996, puis Catch The Fire Toronto en 2010-2011, tête d’un réseau néo-charismatique international — en France à Lyon depuis 2017.

  3. 2010Paris

    maisons communes — Création du CNEF

    Fondé en juin 2010, le Conseil national des évangéliques de France rassemble plus de 70 % des Églises protestantes évangéliques — baptistes, libristes, ADD, CAEF, méthodistes, réformés évangéliques, Vie et Lumière… Une première historique.

  4. 2013Lyon

    réformés — Naissance de l’EPUdF

    L’Église réformée de France et l’Église évangélique luthérienne de France s’unissent au synode de Lyon ; l’UEPAL, en Alsace-Moselle, reste distincte. Les réformés évangéliques (UNEPREF) restent, eux, une union distincte, membre du CNEF.

  5. Auj.France

    maisons communes — Un paysage en croissance

    En août 2026, le CNEF affiche 2 530 lieux de culte, 36 unions membres et 173 associations membres, et un nombre croissant d’implantations nouvelles. Huit siècles après Valdo, la question n’est plus « survivrons-nous ? » mais « saurons-nous rester frères ? ».

Dossier en ligne · frise chronologique · édition 20269 / 46

Précision de lecture — Décembre 1995 : la séparation d’avec le Vineyard

Le renouveau de 1994 commence dans une Église affiliée à l’Association of Vineyard Churches, la Toronto Airport Vineyard. En décembre 1995, l’association met fin à cette affiliation : l’Église prend alors le nom de Toronto Airport Christian Fellowship, puis de Catch The Fire en 2010.

C’est l’exemple le plus net de ce que ce dossier cherche à distinguer partout : une influence spirituelle peut être mondiale et durable alors même que le lien institutionnel a été rompu. Catch The Fire n’est pas une branche du Vineyard, et le Vineyard ne répond pas de ce qui s’est développé à Toronto après 1995.

Ce qui nous précède

Ier siècle

« Nous sommes tous les héritiers de ceux qui nous ont précédés ; chacun reçoit, examine, réforme et transmet à son tour. »

Ce qui nous attend

Aujourd’hui

Huit siècles après Valdo, la question n’est plus « survivrons-nous ? » mais « saurons-nous rester frères ? »

Fin de la frise chronologique

Page 10 / 46

Après la frise — des événements aux familles

Page 10 / 46Changement de focale · la frise est terminée

Grand angle

De l’histoire commune
aux familles d’Églises

À partir d’ici, le dossier ne recommence pas l’histoire : il s’en approche.

Mise au point · la réponse courte

« D’où viennent nos Églises ? » — rarement d’une seule source. Leur identité s’est formée par couches : héritage de la Réforme, compréhension de l’Église et du baptême, réveils, œuvres missionnaires, migrations, implantations, regroupements.

Une même communauté peut appartenir à une famille historique, recevoir des influences plus récentes et être membre d’une union d’Églises : ces niveaux se complètent sans se confondre.

Derrière · ce que la frise a montré

Les grandes dates, les réveils, les migrations, les ruptures, les unions et les routes par lesquelles les courants protestants se sont développés.

Devant · ce qui commence maintenant

Les figures marquantes, les familles d’Églises, leurs héritages propres, leurs différences de statut et leurs points de rencontre.

1 · Se repérer

Retrouver la couleur

Chaque famille garde la même couleur d’une page à l’autre.

2 · Mettre un visage

Rencontrer les figures

La galerie présente les personnes dont les noms reviennent dans la frise et dans les récits de famille.

3 · Suivre un héritage

Ouvrir une fiche famille

Chaque fiche remonte de la famille actuelle vers ses principaux jalons historiques, sans réduire son histoire à une seule origine.

Trois types de liens à ne pas confondre

Filiation historique

Une personne, un réveil ou un mouvement a contribué, directement ou indirectement, à une évolution ultérieure. Une flèche historique n’implique pas toujours une continuité d’organisation.

Proximité théologique ou spirituelle

Des Églises peuvent partager des convictions, des pratiques ou un vocabulaire sans relever de la même union, de la même dénomination ou du même réseau.

Lien institutionnel

Une appartenance officielle, une affiliation fédérative ou une succession juridique doit être établie par des statuts, des annuaires ou des déclarations explicites.

Le repère essentiel : proximité ne signifie pas affiliation.

Page suivante · rappel du code couleur des familles10 / 46
Page 11 / 46

Huit repères de lecture

Huit repères de lecture

  • Histoire générale, pouvoir civilPierre Valdo, Wycliffe, Jan Hus
  • Réformés et luthériensJean Calvin, Antoine Court
  • Anabaptistes, mennonites, baptistesMenno Simons, John Smyth
  • Libristes et assemblées de FrèresFrédéric Monod, J. N. Darby
  • Moraves, méthodistes, réveilsJohn Wesley, Robert Haldane
  • Pentecôtistes et charismatiquesDouglas Scott, Clément Le Cossec
  • Structures communesFPF 1905, CNEF 2010
  • Millérisme, Étudiants de la BibleCharles T. Russell

Comprendre la légende

Ce qui distingue les huit fils de couleur

Ce ne sont pas huit dénominations équivalentes : six fils suivent des familles ou courants, le gris donne le contexte historique et le noir relie les organismes communs.

Gris · Histoire générale

Précurseurs, pouvoirs civils, persécutions et libertés publiques : un repère de contexte, pas une famille d’Églises.

Bleu · Réformés et luthériens

Réforme confessionnelle du XVIe siècle : autorité biblique, prédication et sacrements, avec des Églises historiquement territoriales.

Turquoise · Anabaptistes, mennonites, baptistes

Églises de professants et baptême lié à une foi personnelle. Les baptistes ont une histoire propre : la parenté n’est pas une filiation unique.

Brun · Libristes et Assemblées de Frères

Indépendance et engagement personnel les rapprochent ; les libristes viennent du Réveil réformé, les Frères privilégient la collégialité des ministères.

Violet · Moraves, méthodistes et Réveils

Renouveau de la foi vécue : conversion, sainteté, prière, mission et service. Ces Réveils peuvent traverser plusieurs familles d’Églises.

Rouge · Pentecôtistes et charismatiques

Accent sur l’action actuelle et les dons du Saint-Esprit. Les pentecôtistes forment des Églises ; le renouveau charismatique traverse aussi des Églises existantes.

Noir · Structures communes

La FPF et le CNEF représentent, relient et font coopérer leurs membres : ce ne sont ni une doctrine ni une nouvelle dénomination.

Vert · Millérisme et Étudiants de la Bible

Courants eschatologiques du XIXe siècle. Adventistes et Témoins de Jéhovah suivent ensuite des trajectoires et des confessions distinctes.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202611 / 46

Précision de lecture — Deux modèles simplifiés

La Réforme radicale n’invente pas absolument l’Église de professants ; elle en formalise un modèle protestant durable. Les Églises territoriales de la Réforme magistérielle ne se résument pas davantage à une appartenance automatique de tout habitant.

Page 12 / 46

Galerie : les précurseurs et les foyers de la Réforme

Planche de médailles · précurseursRepères biographiques

La galerie des portraits

Chaque pièce porte, gravée sur son cercle, la vie de l’homme ; l’exergue donne ce qui reste de lui.

Pièce I · précurseur

Les pauvres de Lyon

Marchand lyonnais devenu prédicateur itinérant après avoir fait traduire l’Écriture en langue vulgaire. Sa communauté survivra aux persécutions et rejoindra la Réforme trois siècles plus tard.

Vie

v. 1140 – v. 1206

Foyer

Lyon

Pièce II · précurseur

L’Écriture au-dessus du pape

Théologien d’Oxford, à l’origine de la première traduction complète de la Bible en anglais. Ses écrits circuleront jusqu’en Bohême et nourriront le mouvement hussite.

Vie

v. 1330 – 1384

Foyer

Oxford

Foyer de la Réforme · Zurich

Réformer à partir de l’Écriture

À partir de 1519, sa prédication ouvre un foyer de Réforme distinct de Wittenberg. Les disputes de 1523 accompagnent la transformation de Zurich ; sa compréhension de la cène diffère de celle de Luther.

Vie

1484 – 1531

Foyer

Zurich

Le mot évangélique

Ce qu’il dit, ce qu’il ne dit pas

Le mot vient d’evangelium, la bonne nouvelle : au XVIe siècle il désigne simplement ceux qui veulent revenir à l’Évangile. En France, il a pris depuis le XIXe siècle un sens plus précis, celui d’un protestantisme qui insiste sur quatre points : l’autorité de la Bible, la nécessité d’une conversion personnelle, la centralité de la croix, l’engagement dans le témoignage et le service.

Ce n’est donc ni une dénomination, ni une importation américaine : c’est une sensibilité qui traverse des familles très différentes — dont plusieurs sont nées en France ou en Suisse bien avant l’influence des États-Unis. Et l’adjectif « évangélique » ne s’oppose pas à « protestant » : il en désigne une part.

Ces deux hommes précèdent la Réforme. On ne les appelle pas « évangéliques » au sens actuel : le mot se fixe bien plus tard. Les frapper ici signale une même exigence — l’Écriture accessible et première — non une filiation institutionnelle directe.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202612 / 46

Page 13 / 46

Galerie : Hus, Luther, Calvin, Menno Simons, Court et Wesley

Planche de médailles · précurseurs et réformateursRepères biographiques

La galerie des portraits

Deuxième planche : de Prague aux Cévennes, ceux qui ont donné à la Réforme sa théologie, ses Églises de professants et ses réveils. Les portraits sont regroupés par thèmes ; leurs dates permettent de les situer.

Pièce I · précurseur

L’Unité des Frères

Prédicateur de la chapelle de Bethléem à Prague et disciple de Wycliffe, il est brûlé à Constance en 1415 malgré un sauf-conduit impérial. Ses fidèles fonderont en 1457 l’Unité des Frères, dont descendent les frères moraves.

Vie

v. 1372 – 1415

Foyer

Prague

Pièce II · réformés et luthériens

Les 95 thèses

Moine augustin et professeur de Bible, il conteste en 1517 le commerce des indulgences et redécouvre la justification par la foi seule. Sa traduction de la Bible en allemand met l’Écriture entre les mains du peuple.

Vie

1483 – 1546

Foyer

Wittenberg

Pièce III · réformés et luthériens

Théologien des huguenots

Exilé de France, il publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne puis organise l’Église de Genève, d’où partent les pasteurs des Églises réformées de France. Son ordre presbytéro-synodal structure encore le protestantisme réformé.

Vie

1509 – 1564

Foyer

Genève

Pièce IV · mennonites

Père des mennonites

Prêtre frison rallié en 1536 à l’anabaptisme pacifique, il rassemble les communautés dispersées après le désastre de Münster. Son nom reste attaché aux mennonites, Églises de professants attachées à la non-violence.

Vie

1496 – 1561

Foyer

Frise

Pièce V · réformés · le Désert

Restaurateur du Désert

À vingt ans, il réunit en 1715 le premier synode du Désert et réorganise les Églises réformées clandestines après la Révocation. Depuis Lausanne, il forme ensuite les pasteurs qui reprennent le chemin de la France.

Vie

1695 – 1760

Foyer

Cévennes

Pièce VI · méthodistes

Père du méthodisme

Pasteur anglican au cœur « étrangement réchauffé » à Aldersgate en 1738, il prêche en plein air aux foules ouvrières et organise ses convertis en sociétés. Le méthodisme naît de ce réveil, sans rupture voulue avec l’Église d’Angleterre.

Vie

1703 – 1791

Foyer

Londres

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202613 / 46

Page 14 / 46

Galerie : Monod, Darby, Scott, Le Cossec, Russell et Smyth

Planche de médailles · libristes, Frères et pentecôtistesRepères biographiques

La galerie des portraits

Troisième planche : au XIXe et au XXe siècle, les Églises libres, les assemblées de Frères, le pentecôtisme, les Étudiants de la Bible — et, plus haut, la première Église baptiste. Les portraits sont regroupés par thèmes ; leurs dates permettent de les situer.e et au XXe siècle, les Églises libres, les assemblées de Frères, le pentecôtisme, les Étudiants de la Bible — et, plus haut, la première Église baptiste.

Pièce I · libristes

Fondateur des libristes

Pasteur à Paris, marqué par le Réveil de Genève, il quitte en 1849 l’Église réformée concordataire pour fonder avec Agénor de Gasparin l’Union des Églises évangéliques libres. Il veut une Église de professants, indépendante de l’État et fondée sur une confession de foi.

Vie

1794 – 1863

Foyer

Paris

Pièce II · assemblées de Frères

Les assemblées de Frères

Ancien ministre anglican d’Irlande, il rejoint les premiers Frères de Plymouth et parcourt dès 1837 la Suisse romande, puis le Midi de la France. Ses assemblées, sans clergé, se réunissent autour de la Cène et de la lecture de l’Écriture.

Vie

1800 – 1882

Foyer

Irlande, Midi

Pièce III · pentecôtistes

Pionnier pentecôtiste

Évangéliste anglais arrivé au Havre en 1930, il prêche le baptême du Saint-Esprit et la guérison chez Hélène Biolley, au Ruban Bleu. De ce foyer naissent les Assemblées de Dieu de France.

Vie

1900 – 1967

Foyer

Le Havre

Pièce IV · pentecôtistes

Apôtre des gens du voyage

Pasteur des Assemblées de Dieu, il baptise dès les années 1950 les premiers Tsiganes convertis en Bretagne et fonde la mission Vie et Lumière. Elle est devenue une union pentecôtiste mondiale parmi les gens du voyage.

Vie

1921 – 2001

Foyer

Bretagne

Pièce V · Étudiants de la Bible

Les Étudiants de la Bible

Commerçant de Pittsburgh formé dans le sillage du millérisme, il fonde en 1879 la revue La Tour de Garde et le mouvement des Étudiants de la Bible. Ses successeurs en feront les Témoins de Jéhovah, en rupture avec la foi de Nicée.

Vie

1852 – 1916

Foyer

Pittsburgh

Pièce VI · baptistes

La première Église baptiste

Séparatiste anglais réfugié à Amsterdam, il se baptise en 1609 avec sa communauté au contact des mennonites : c’est la première Église baptiste. Son compagnon Thomas Helwys rapporte le baptême du croyant à Londres en 1612.

Vie

1570 – 1612

Foyer

Amsterdam

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202614 / 46

Page 15 / 46

Galerie : Seymour, Ellen White, Rutherford, Zinzendorf, Haldane et Farel

Planche de médailles · réveils, adventisme et Étudiants de la BibleRepères biographiques

La galerie des portraits

Quatrième planche : d’Azusa Street à Herrnhut, les réveils, l’adventisme et les Étudiants de la Bible — avec le Réveil de Genève et la Réforme de langue française. Les portraits sont regroupés par thèmes ; leurs dates permettent de les situer.

Pièce I · pentecôtistes

Le réveil d’Azusa Street

Prédicateur noir, fils d’anciens esclaves de Louisiane, il conduit à partir de 1906 les réunions d’Azusa Street à Los Angeles. Ce réveil interracial est la source commune de la plupart des Églises pentecôtistes.

Vie

1870 – 1922

Foyer

Los Angeles

Pièce II · millérisme · adventistes

Les adventistes du septième jour

Après la « grande déception » millérite de 1844, ses visions et ses écrits structurent le mouvement qui devient en 1863 l’Église adventiste du septième jour. Sabbat, santé et attente du retour du Christ en sont les marques.

Vie

1827 – 1915

Foyer

États-Unis

Pièce III · Étudiants de la Bible

Les Témoins de Jéhovah

Successeur de Russell à la tête de la Société Watch Tower en 1917, Rutherford réorganise une partie des Étudiants de la Bible. Cette fraction adopte en 1931 le nom de Témoins de Jéhovah ; d’autres groupes restent distincts. Leur doctrine non trinitaire les distingue des familles protestantes présentées ici.

Vie

1869 – 1942

Foyer

Brooklyn

Pièce IV · moraves

Le réveil morave

Comte saxon élevé dans le piétisme, il accueille sur ses terres les descendants des Frères de Bohême : Herrnhut naît en 1722, le réveil en 1727. Les Moraves envoient dès 1732 leurs premiers missionnaires et marquent John Wesley.

Vie

1700 – 1760

Foyer

Herrnhut

Pièce V · Réveil de Genève

Le Réveil de Genève

Laïc écossais, il réunit en 1816-1817 dans son salon genevois des étudiants en théologie pour lire l’Épître aux Romains. Merle d’Aubigné, Gaussen, Frédéric Monod et Henri Pyt sortent de ce Réveil.

Vie

1764 – 1842

Foyer

Genève

Pièce VI · réformés et luthériens

Réformateur de langue française

Évangéliste dauphinois passé par le cénacle de Meaux, il gagne Neuchâtel et Genève à la Réforme et obtient à Chanforan, en 1532, le ralliement des vaudois. C’est lui qui retient Calvin à Genève en 1536.

Vie

1489 – 1565

Foyer

Suisse romande

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202615 / 46

Page 16 / 46

Galerie : Saillens, Marie Durand, Grebel, John et Carol Arnott

Planche de médailles · de Saillens aux ArnottRepères biographiques

La galerie des portraits

Cinquième planche : quatre visages, de la tour de Constance au renouveau charismatique de Toronto. Les portraits sont regroupés par thèmes ; leurs dates permettent de les situer.

Pièce I · baptistes

L’institut biblique

Pasteur baptiste, évangéliste et auteur de cantiques, il fonde en 1921 avec sa femme Jeanne l’Institut biblique de Nogent-sur-Marne, qui forme depuis des serviteurs de toutes les familles évangéliques. Il incarne un baptisme français de tradition revivaliste.

Vie

1855 – 1942

Foyer

Nogent-sur-Marne

Pièce II · réformés · le Désert

La résistance du Désert

Enfermée trente-huit ans à la tour de Constance pour sa foi réformée, elle refuse d’abjurer et soutient ses compagnes ; le mot « Résister » gravé sur la margelle lui est attribué. Elle est libérée en 1768.

Vie

1711 – 1776

Foyer

Aigues-Mortes

Pièce III · anabaptistes

Les premiers anabaptistes

Humaniste zurichois, d’abord disciple de Zwingli, il baptise le 21 janvier 1525 les premiers adultes sur profession de foi : l’anabaptisme est né. Banni de sa ville, il meurt de la peste l’année suivante.

Vie

v. 1498 – 1526

Foyer

Zurich

Pièce IV · charismatiques · Catch The Fire

La bénédiction de Toronto

Pasteurs de la Toronto Airport Vineyard, ils voient éclater en janvier 1994 un réveil qui attire des visiteurs du monde entier. Leur Église devient Catch The Fire, réseau charismatique aujourd’hui présent en France.

Repère

Toronto, 1994

Foyer

Toronto

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202616 / 46

Page 17 / 46

Fiche figure : Pierre Valdo

Figure · précurseur

Portrait de Pierre Valdo

Pierre Valdo

v. 1140 – v. 1206 · Lyon · les pauvres de Lyon

  • Naissancev. 1140, Lyon
  • Lieu d’actionLyon, puis le Languedoc, la Lombardie et les vallées alpines
  • Ce qu’il a laisséLa Bible en langue du peuple et une Église de laïcs pauvres, les vaudois

Riche marchand lyonnais, Valdo (ou Vaudès) est saisi vers 1170 par la parole du Christ au jeune homme riche : « Va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres ». Il assure l’avenir de sa femme et de ses filles, distribue le reste de ses biens et se met à vivre de la charité. Surtout, il fait traduire en langue d’oc des parties des Évangiles et des Psaumes par deux clercs lyonnais, pour que des gens simples puissent entendre l’Écriture dans leur langue.

Ses compagnons, les « pauvres de Lyon », partent prêcher deux par deux sur les routes, hommes et femmes, sans être prêtres. Au concile de Latran III (1179), le pape approuve leur vœu de pauvreté mais leur interdit de prêcher sans l’accord des évêques. Ils continuent, invoquant  : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » Chassés de Lyon puis excommuniés (1184), ils se dispersent vers le Languedoc, l’Italie du Nord et les hautes vallées des Alpes, où les communautés vaudoises traversent trois siècles de persécutions.

En 1532, au synode de Chanforan, les barbes vaudois rencontrent Guillaume Farel et rejoignent la Réforme ; ils financent la première Bible protestante en français, celle d’Olivétan (1535). L’Église évangélique vaudoise existe toujours en Italie : c’est la plus ancienne Église protestante du monde.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Trois siècles avant Luther, Valdo pose les deux gestes qui définiront l’évangélisme : mettre la Bible dans la langue des gens, et confier l’annonce de l’Évangile à des croyants ordinaires. Il rappelle que la Réforme n’est pas née de rien en 1517, et que la frise de ce dossier commence à Lyon pour cette raison.

« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. »

— le verset de sa conversion, selon les chroniques
Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 18 / 46

Fiche figure : John Wycliffe

Figure · précurseur

Portrait de John Wycliffe

John Wycliffe

v. 1330 – 1384 · Oxford · l’Écriture au-dessus du pape

  • Naissancev. 1330, Yorkshire (Angleterre)
  • Lieu d’actionOxford, puis la paroisse de Lutterworth
  • Ce qu’il a laisséLa première Bible complète en anglais et l’idée que l’Écriture juge l’Église

Théologien d’Oxford, maître de Balliol College, Wycliffe est l’un des esprits les plus respectés d’Angleterre quand il se met à contester la richesse et le pouvoir temporel de l’Église. À partir de 1376, il soutient que l’autorité se perd par le péché, que le pape n’est pas le maître de l’Église, et que l’Écriture seule est la règle de la foi : « la vérité de l’Écriture » est le titre d’un de ses grands traités (1378).

En 1379-1380, il rejette la transsubstantiation, ce qui lui coûte l’appui de ses protecteurs. Condamné à Londres en 1382, il n’est pourtant ni emprisonné ni brûlé : il se retire dans sa paroisse de Lutterworth, où il meurt en 1384. C’est là que ses disciples achèvent ce qui fera sa postérité : la traduction de toute la Bible en anglais, à partir de la Vulgate latine, copiée à la main et diffusée par des prédicateurs itinérants, les « lollards ».

Le concile de Constance condamne ses thèses en 1415, et en 1428 ses os sont exhumés, brûlés, et ses cendres jetées dans la rivière Swift. Mais ses écrits ont déjà gagné la Bohême par les étudiants tchèques venus à Oxford : Jan Hus les lit, les défend, et en meurt. On a surnommé Wycliffe « l’étoile du matin de la Réforme ».

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Wycliffe est le premier à dire, avec les outils de l’université, ce que la Réforme dira un siècle et demi plus tard : la Bible au-dessus de l’institution, et la Bible pour tous. Chaque Église évangélique qui met une Bible en langue courante entre les mains de ses membres prolonge son geste de Lutterworth.

« Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. »

— un verset qui résume sa conviction : l’Écriture pour guider chaque croyant
Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 19 / 46

Fiche figure : Jan Hus

Figure · précurseur

Portrait de Jan Hus

Jan Hus

v. 1372 – 1415 · Prague · l’Unité des Frères

  • Naissancev. 1372, Husinec (Bohême)
  • Lieu d’actionPrague, chapelle de Bethléem ; mort à Constance
  • Ce qu’il a laisséUn peuple attaché à la Bible en tchèque, puis l’Unité des Frères

Prêtre et professeur, recteur de l’université de Prague, Hus prêche à partir de 1402 à la chapelle de Bethléem, en tchèque et non en latin, devant des foules. Nourri des écrits de Wycliffe, il appelle l’Église à la pauvreté et à la fidélité à l’Écriture, dénonce la vente des indulgences (1412) et affirme que le Christ, non le pape, est la tête de l’Église. Excommunié, il doit quitter Prague.

Convoqué au concile de Constance sous la protection d’un sauf-conduit impérial, il y est emprisonné, sommé de se rétracter, et refuse tant qu’on ne l’aura pas convaincu par l’Écriture. Il est brûlé vif le 6 juillet 1415, en chantant. Sa mort soulève la Bohême : les guerres hussites, puis, en 1457, la naissance d’une Église de paix et de simplicité évangélique, l’Unité des Frères (Unitas Fratrum).

Cent ans plus tard, Luther découvre les écrits de Hus et reconnaît : « nous sommes tous hussites sans le savoir ». Écrasée par la Contre-Réforme après 1620, l’Unité des Frères survit en secret, et c’est son reste qui renaîtra à Herrnhut, chez Zinzendorf, en 1722 : les moraves, présents dans la suite de ce dossier.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

L’héritage de Hus contribue à l’histoire de l’Unité des Frères, fondée en 1457. Des réfugiés issus de cette tradition participent ensuite au renouveau morave de Herrnhut, qui exerce une influence importante sur Wesley. Cette transmission est une histoire de rencontres et d’héritages, sans être une chaîne de causes exclusives.

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »

— la vérité (veritas) fut son mot : « Cherche la vérité, écoute la vérité, apprends la vérité, aime la vérité, dis la vérité, tiens la vérité, défends la vérité jusqu’à la mort »
Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 20 / 46

Fiche figure : Martin Luther

Figure · réformateur

Portrait de Martin Luther (atelier de Lucas Cranach l’Ancien)

Martin Luther

1483 – 1546 · Wittenberg · la foi seule

  • Naissance10 novembre 1483, Eisleben (Saxe)
  • Lieu d’actionWittenberg ; Worms et la Wartburg
  • Ce qu’il a laisséLa Bible allemande, le salut par la foi seule, les Églises luthériennes

Fils de mineur devenu moine augustin, Luther cherche avec angoisse comment être juste devant un Dieu saint : jeûnes, veilles, confessions — rien n’apaise sa conscience. Professeur d’Écriture sainte à Wittenberg, il découvre en étudiant l’épître aux Romains que la justice de Dieu n’est pas celle qui condamne, mais celle que Dieu donne : le salut se reçoit par la foi, comme un don. Le 31 octobre 1517, ses quatre-vingt-quinze thèses contre le commerce des indulgences sont répandues par l’imprimerie dans toute l’Europe en quelques semaines.

Excommunié, Luther comparaît devant Charles Quint à la diète de Worms en 1521. Il refuse de se rétracter sans être convaincu par l’Écriture ou par des raisons qu’il juge probantes. Mis au ban de l’Empire, il est caché à la Wartburg, où il traduit le Nouveau Testament, publié en 1522. Il revient à Wittenberg en 1522, réorganise le culte, écrit des cantiques et des catéchismes. La Bible allemande complète paraît en 1534, au terme d’un travail avec plusieurs collaborateurs.

Son mariage avec Katharina von Bora, ancienne religieuse (1525), inaugure le presbytère protestant : une table ouverte, six enfants, des étudiants logés. La Confession d’Augsbourg (1530), rédigée par son ami Melanchthon, fixe la foi luthérienne. Homme entier, capable de dureté dans la polémique, il meurt en 1546 à Eisleben, sa ville natale. De lui viennent les Églises luthériennes d’Allemagne, de Scandinavie et d’Alsace.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Chaque fois qu’une Église évangélique proclame que le salut est reçu par la foi, non gagné par les œuvres, elle répète la découverte de Wittenberg. La Bible dans la langue du peuple, le chant de toute l’assemblée, le catéchisme des familles : trois gestes de Luther devenus si naturels qu’on oublie qu’ils furent une révolution.

« Le juste vivra par la foi. »

— le verset de sa délivrance, découvert dans son cabinet de travail de Wittenberg

Un héritage à regarder aussi dans ses limites. Les écrits antijuifs tardifs de Luther, notamment en 1543, contiennent des appels à la violence et à la répression. Les connaître est indispensable à une lecture historique honnête de son œuvre. Source historique.

Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 21 / 46

Fiche figure : Ulrich Zwingli

Figure · réformateur

Portrait d’Ulrich Zwingli (d’après Hans Asper)

Ulrich Zwingli

1484 – 1531 · Zurich · l’Écriture seule au culte

  • Naissance1er janvier 1484, Wildhaus (Suisse)
  • Lieu d’actionGlaris, Einsiedeln, puis Zurich (Grossmünster)
  • Ce qu’il a laisséLa prédication de la Bible livre après livre et la branche réformée suisse

Fils de paysans du Toggenbourg, formé dans l’humanisme et admirateur d’Érasme, Zwingli est prêtre à Glaris puis à Einsiedeln, où il prêche l’Écriture plutôt que les légendes de pèlerinage. Appelé en 1519 au Grossmünster de Zurich, il rompt avec le calendrier des lectures imposées : il ouvre l’Évangile de Matthieu au premier verset et le commente jusqu’au dernier, puis livre après livre. La même année, la peste emporte un quart de la ville ; frappé lui-même, il en réchappe et en tire un chant de confiance totale en Dieu.

À partir de 1522, la Réforme zurichoise avance par disputes publiques : devant le conseil de la ville, Zwingli soutient que seule l’Écriture fait autorité. Le culte est simplifié, la messe abolie (1525), la Bible de Zurich achevée dès 1531. Mais l’unité protestante se brise à Marbourg (1529) : pour Zwingli, la Cène est un mémorial ; pour Luther, une présence réelle — les deux hommes se séparent sans s’être accordés. À Zurich même, ses disciples Conrad Grebel et Felix Manz, jugeant la réforme trop lente, baptisent des adultes dès 1525 : l’anabaptisme est né.

Aumônier des troupes zurichoises, Zwingli meurt à la bataille de Kappel en 1531, à quarante-sept ans. Son successeur Heinrich Bullinger consolide l’œuvre pendant quarante ans et correspond avec toute l’Europe. De Zurich vient la branche réformée suisse qui, rejointe par Genève, formera la famille réformée — et, par contrecoup involontaire, la famille anabaptiste et mennonite.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

La prédication « suivie », qui ouvre un livre biblique et le parcourt verset après verset, dimanche après dimanche, est aujourd’hui la pratique ordinaire de milliers d’Églises évangéliques : elle vient du Grossmünster. Zwingli rappelle aussi qu’une réforme se juge à l’Écriture — y compris lorsqu’elle est menée par des réformateurs.

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »

— l’invitation du Christ, au cœur de sa prédication du Grossmünster

Réforme et contrainte religieuse. Zurich réprime les anabaptistes : Felix Manz est exécuté par noyade en 1527 sur décision des autorités de la ville, dans le contexte de la Réforme de Zwingli. Cette répression rappelle les limites de la tolérance religieuse de l’époque. Document du jugement.

Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 22 / 46

Fiche figure : Jean Calvin

Figure · réformateur

Portrait de Jean Calvin (école française du XVIe siècle)

Jean Calvin

1509 – 1564 · Noyon, puis Genève · à Dieu seul la gloire

  • Naissance10 juillet 1509, Noyon (Picardie)
  • Lieu d’actionGenève, après Paris, Bâle et Strasbourg
  • Ce qu’il a laisséL’Institution chrétienne, l’Académie de Genève, les Églises réformées et huguenotes

Français de Noyon, formé au droit et aux lettres, Calvin est gagné à la Réforme vers 1533 — « Dieu subjugua mon cœur et le rangea à la docilité », écrira-t-il seulement. Après l’affaire des Placards (1534), il fuit la France. En 1536, à vingt-six ans, il publie à Bâle l’Institution de la religion chrétienne, un exposé majeur de la foi réformée, qu’il traduit lui-même en français en 1541 — faisant de sa langue une langue de théologie.

Retenu à Genève par Guillaume Farel, chassé en 1538, marié à Strasbourg à Idelette de Bure, il revient en 1541 et organise l’Église pour durer : pasteurs, docteurs, anciens et diacres, un culte centré sur la prédication et le chant des Psaumes en français. Son ministère a aussi ses ombres : le procès de Michel Servet, brûlé à Genève en 1553 avec l’approbation des autorités et de Calvin, le rappelle. En 1559, il fonde l’Académie de Genève, qui forme des pasteurs pour toute l’Europe.

Dès les années 1550, Genève accompagne l’essor des communautés réformées françaises et l’envoi de pasteurs. Après l’expérience de Meaux en 1546, Paris adopte en 1555 une organisation qui sert de modèle à de nombreuses Églises. Le premier synode national français se réunit en 1559 ; l’Académie fondée à Genève la même année consolide la formation des ministres. Calvin meurt en 1564. Les Églises réformées et presbytériennes reçoivent son héritage, avec celui de nombreux autres acteurs.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Calvin a donné aux Églises issues de la Réforme ce qui leur permettait de tenir sans le soutien d’un prince : une confession de foi, des ministères partagés, des pasteurs formés. Les Églises réformées évangéliques d’aujourd’hui — et, plus largement, toute Église qui élit un conseil et forme ses pasteurs — héritent de Genève.

« Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, mais à ton nom donne gloire, à cause de ta bonté, à cause de ta fidélité ! »

— ce que la Réforme a résumé en trois mots : Soli Deo gloria, à Dieu seul la gloire
Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 23 / 46

Fiche famille : les baptistes

Chaque fiche se lit de gauche à droite : de l’union actuelle (en couleur) vers ses racines, jusqu’à la Réforme. Les dates indiquent la naissance de chaque maillon.

John Smyth

Les baptistes — FEEBF, AEEBLF, et une partie des Églises indépendantes

  • Unions baptistesFrance, XIXe-XXe s.
  • Nomain, Nord1810-1820
  • Baptistes anglaisAmsterdam, 1609
  • Puritains séparatistesAngleterre, v. 1580
  • Anglicanisme1534
  • Réforme1517
Le baptisme naît en exil : des puritains anglais réfugiés à Amsterdam (John Smyth, 1609) adoptent le baptême du croyant au contact des mennonites, héritiers directs des anabaptistes de Zurich (1525). La théologie reste largement réformée, l’ecclésiologie devient congrégationaliste : chaque Église locale est autonome.
En France, tout commence par un réveil dans le Nord vers 1810 ; la première Église baptiste est constituée à Nomain vers 1820. Le mouvement grandit au XIXe siècle avec l’appui de missions américaines, traverse les persécutions administratives du Second Empire, et se structure en plusieurs unions — dont la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF), membre à la fois de la FPF et du CNEF.
À retenir · les baptistes héritent des anabaptistes l’Église de professants, et de la Réforme anglaise leur théologie — deux fleuves qui se rejoignent à Amsterdam en 1609.

Repères complémentaires

Ce qui les caractérise

Le baptême suit une profession personnelle de foi. L’appartenance à l’Église relève donc d’un engagement choisi, et non de la seule naissance.

Organisation et diversité

Chaque Église locale est autonome. Des fédérations comme la FEEBF ou l’AEEBLF mettent en commun formation, mission et entraide, sans former une dénomination baptiste unique.

Une famille mondiale

Le baptisme compte plus de 50 millions de membres dans le monde. En France, les premières communautés remontent à environ deux siècles ; la Fédération baptiste a célébré son centenaire en 2022.

Source du complément : FEEBF — feebf.com

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202623 / 46

Précision de lecture — Origine des baptistes

Les baptistes naissent d’abord du séparatisme anglais. John Smyth et son groupe se rapprochent ensuite des Mennonites. La question d’une filiation anabaptiste directe reste débattue ; il vaut mieux parler de contacts, convergences et influences.

Page 24 / 46

Fiche famille : les libristes

Frédéric Monod

Les libristes — UEEL, Union des Églises évangéliques libres

  • UEELParis, 1849
  • Réveil de Genève1817
  • Églises réforméesFrance, 1555
  • Calvin, Genève1536
  • Réforme1517
Les « libristes » sont des enfants directs du Réveil de Genève. En 1848-1849, le pasteur Frédéric Monod et le comte Agénor de Gasparin refusent que l’Église réformée reste une Église « multitudiniste » — où l’on est membre par naissance — sans confession de foi obligatoire. Ils fondent une union d’Églises de professants, indépendantes de l’État : un demi-siècle avant la loi de 1905.
Théologiquement réformées, congrégationalistes dans leur fonctionnement, les Églises libres représentent la voie médiane du protestantisme français : pleinement évangéliques, pleinement héritières des huguenots. L’UEEL est aujourd’hui membre de la FPF et membre de plein droit du CNEF (2019).

Repères complémentaires

Pourquoi « libres » ?

En 1849, le mot affirme d’abord l’indépendance vis-à-vis de l’État. Il exprime aussi la liberté sur les questions secondaires, dans le cadre d’une foi commune.

Églises de professants

La communauté rassemble des personnes qui professent personnellement leur foi en Jésus-Christ. Les Églises locales adhèrent à une confession de foi et vivent une solidarité d’Union.

Place protestante actuelle

L’UEEL est membre de la Fédération protestante de France et, depuis 2019, membre de plein droit du CNEF : une position de pont entre protestantisme historique et évangélique.

Source du complément : UEEL — ueel.org

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202624 / 46

Précision de lecture — Nom et statut de l’UEEL

L’Union est constituée en 1849, mais le qualificatif « libre » n’est ajouté à son nom qu’en 1883.

Statut au CNEF : membre associé de 2011 à 2019, l’UEEL est devenue membre de plein droit par vote de son synode de Poitiers, en 2019 ; le CNEF la répertorie parmi ses unions membres. Elle reste par ailleurs membre de la FPF.

Page 25 / 46

Fiche famille : les assemblées de Frères

John Nelson Darby

Les assemblées de Frères — CAEF et courant darbyste

Plusieurs fondateurs, puis une séparation en 1848

Origines communes

Dublin et Grande-Bretagne, années 1820–1830 : des groupes de croyants se réunissent autour de la cène, avec plusieurs acteurs, dont Anthony Norris Groves, John Nelson Darby et George Müller.

Branche ouverte

Après la séparation de 1848, les Frères ouverts ou « larges » développent des assemblées autonomes et des coopérations missionnaires. Les CAEF françaises se rattachent principalement à cet héritage.

Branche exclusive

Darby est associé aux Frères exclusifs. Ces assemblées ont leurs propres trajectoires ; elles ne se confondent pas avec les CAEF.

Le mouvement des Frères naît à Dublin en 1827, indépendamment du Réveil de Genève qu’il ne rencontrera qu’en Suisse romande. Ancien prêtre anglican irlandais, John Nelson Darby y prêche à partir de 1837, puis en Ardèche et dans le Midi, une Église sans clergé institué, rassemblée chaque dimanche autour de la Cène, où tout frère peut prendre la parole. Le mouvement se divise en 1848 entre « Frères étroits » (darbystes stricts) et « Frères larges », ouverts à la coopération avec les autres évangéliques.
Les assemblées issues des Frères larges se sont fédérées en France dans les CAEF (Communautés et assemblées évangéliques de France), très actives dans l’implantation d’Églises et les œuvres bibliques. C’est aussi à Darby que l’évangélisme mondial doit la diffusion de la lecture « dispensationaliste » de la prophétie.

Repères complémentaires

Vie de l’assemblée

La direction locale est collégiale, généralement confiée à une équipe d’anciens. Le culte valorise la participation, les dons de chacun et la sainte cène.

Autonomie et coopération

La gouvernance demeure congrégationaliste, mais les Églises coopèrent pour la formation, la mission, la jeunesse, l’entraide et l’implantation de nouvelles communautés.

Une distinction importante

Les CAEF héritent surtout des « Frères larges », ouverts à la coopération évangélique ; ils ne se confondent pas avec toutes les assemblées darbystes dites « étroites ».

Source du complément : CAEF — caef.net

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202625 / 46

Précision de lecture — Deux dates à ne pas confondre

1837 est l’année de l’arrivée de J. N. Darby en Suisse romande. La division entre « frères étroits » (exclusifs) et « frères larges » (ouverts) intervient en 1848, à la suite de l’affaire de Bethesda, à Bristol — c’est la date que porte la page.

Page 26 / 46

Fiche famille : les méthodistes

John Wesley

Les méthodistes — UEEM/F

Deux apports à distinguer autour de Wesley

Appartenance et formation

John Wesley est prêtre anglican. Le méthodisme naît comme mouvement de renouveau à l’intérieur de cette tradition, avant de former plusieurs Églises.

Influence spirituelle

Les rencontres avec les Moraves, notamment Peter Böhler, marquent son cheminement vers l’expérience d’Aldersgate en 1738. Les Moraves ne sont pas une branche de l’anglicanisme.

Diffusion et héritages

Le méthodisme se développe en Grande-Bretagne, en Amérique et en France dès 1791. Il nourrit le mouvement de sainteté, l’une des influences du pentecôtisme.

Le méthodisme naît au cœur de l’anglicanisme quand John Wesley, bouleversé par le témoignage des frères moraves — eux-mêmes héritiers de Jan Hus et du piétisme luthérien — fait en 1738 l’expérience de la grâce. Prédication en plein air, petits groupes de croissance, exigence de sainteté pratique : le méthodisme systématise et diffuse des outils majeurs de l’évangélisation moderne.
Arrivé en France dès 1791 par les îles anglo-normandes, le méthodisme français a essaimé en Normandie, dans le Midi et en Alsace. L’Union de l’Église évangélique méthodiste (UEEM) poursuit cet héritage — son héritage nourrit le mouvement de sainteté, l’un des milieux qui contribueront à l’émergence du pentecôtisme.

Repères complémentaires

Accent spirituel

Le méthodisme unit grâce de Dieu, conversion personnelle et sanctification : la foi est appelée à transformer progressivement la conduite et le service du prochain.

Une méthode devenue mouvement

Wesley organise classes, petits groupes, prédicateurs itinérants et accompagnement mutuel. Cette structure souple soutient évangélisation, formation et action sociale.

Un héritage très large

Le mouvement de sainteté puis une partie du pentecôtisme sont sortis du tronc méthodiste. Son influence dépasse donc largement les seules Églises portant aujourd’hui ce nom.

Source du complément : UEEMF — ueem.umc-europe.org

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202626 / 46

Précision de lecture — Chronologie du méthodisme

Le groupe méthodiste d’Oxford existe dès 1729 ; Aldersgate en 1738 donne un élan évangélique décisif. Wesley systématise et diffuse des pratiques d’évangélisation, mais ne les invente pas toutes.

Page 27 / 46

Fiche famille : les pentecôtistes

Douglas Scott

Les pentecôtistes — ADD, Vie et Lumière, courant charismatique

  • ADD France1932
  • D. Scott, Le Havre1930
  • Azusa StreetLos Angeles, 1906
  • Mouvement de saintetéXIXe s.
  • Méthodisme1738
  • Réforme1517
Après notamment Topeka en 1901, Azusa Street devient en 1906 le grand foyer international du pentecôtisme — le réveil de Los Angeles, autour du prédicateur afro-américain William J. Seymour — dans le sillage du mouvement de sainteté issu du méthodisme : au salut par la foi s’ajoute l’expérience du baptême du Saint-Esprit, accompagnée du parler en langues et de la prière pour les malades.
En France, tout commence en 1930 au Havre avec le Britannique Douglas Scott. Deux ans plus tard naissent les Assemblées de Dieu de France (ADD), devenues la première union évangélique du pays. En 1952, le réveil des gens du voyage autour de Clément Le Cossec donne la mission Vie et Lumière. À partir des années 1960-1970, le courant charismatique diffuse la même expérience dans toutes les familles d’Églises.
À retenir · la chaîne complète fait Réforme > anglicanisme > méthodisme > sainteté > pentecôtisme — le plus jeune des grands courants, devenu le plus nombreux au monde.

Repères complémentaires

Accent pentecôtiste

À la conversion et à l’autorité de la Bible s’ajoutent l’attente du baptême dans le Saint-Esprit, l’exercice actuel des dons spirituels et la prière pour les malades.

Plusieurs réseaux, un même courant

Les Assemblées de Dieu et Vie et Lumière partagent une origine pentecôtiste, mais possèdent des histoires, des publics et des structures propres.

Du courant à toutes les familles

À partir des années 1960, le renouveau charismatique diffuse certaines pratiques pentecôtistes dans des Églises catholiques, réformées, baptistes ou indépendantes.

Source du complément : ADDF — addfrance.fr ; document source pour Vie et Lumière

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202627 / 46

Précision de lecture — Topeka, Azusa et institutions françaises

Le pentecôtisme ne commence pas à Azusa Street : l’expérience de Topeka, au Kansas, la précède de cinq ans (1901). Azusa, en 1906, en est le foyer de diffusion mondiale, non le point de départ absolu. Côté français, les Assemblées de Dieu s’organisent progressivement en 1932-1933, et Vie et Lumière commence comme réveil et comme ministère en 1952 avant de se structurer vers 1954. Les chiffres mondiaux cités pour le pentecôtisme varient fortement selon le périmètre retenu : ils ne se lisent qu’avec la définition et la source qui les accompagnent.

Page 28 / 46

Fiche famille : les réformés évangéliques

Antoine Court

Les réformés évangéliques — UNEPREF, les réformés attachés à une confession de foi contraignante

  • UNEPREFMidi, 1938
  • Églises du Désert1715
  • Huguenots1555
  • Calvin, Genève1536
  • Réforme1517
Tous les réformés français descendent des huguenots : les quelque 2 000 Églises « dressées » après 1555, la confession de La Rochelle, les martyrs de la Saint-Barthélemy, puis le siècle héroïque du Désert après la Révocation (1685), quand Antoine Court réorganise clandestinement les synodes dans les Cévennes.
Au XXe siècle, lors de la réunification réformée de 1938, une partie des Églises — surtout dans le Midi huguenot — refuse une union dont l’engagement confessionnel leur paraît insuffisamment contraignant : elles forment l’actuelle Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France (UNEPREF), fidèle à la théologie calvinienne et à la piété du Réveil, membre du CNEF. Les autres Églises réformées ont rejoint en 2013 l’Église protestante unie de France (EPUdF, membre de la FPF).

Repères complémentaires

Deux fidélités assumées

Ces Églises se disent réformées par leur théologie et évangéliques par leur insistance sur l’autorité biblique, le salut en Jésus-Christ et le témoignage personnel.

Organisation presbytérienne-synodale

L’Église locale est conduite par un conseil ; les communautés envoient aussi des délégués au synode. L’autonomie locale s’articule ainsi avec une responsabilité commune.

À ne pas confondre

L’UNEPREF et l’EPUdF ont des racines huguenotes communes, mais constituent aujourd’hui deux unions distinctes, avec des cadres confessionnels et des appartenances nationales différents.

Source du complément : UNEPREF — unepref.com

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202628 / 46

Précision de lecture — Continuités réformées

Les racines institutionnelles plongent largement dans la Réforme française, mais les Églises réformées évangéliques d’aujourd’hui ne « descendent » pas toutes du XVIe siècle au sens strict : plusieurs résultent de créations, d’unions, de migrations ou de conversions bien plus récentes. La continuité est réelle, elle n’est pas mécanique.

Page 29 / 46

Fiche famille : les mennonites

Menno Simons

Les mennonites — une ancienne tradition d’Églises de professants

Des racines suisses et néerlandaises

Foyer suisse

À Zurich en 1525, des disciples de la Réforme pratiquent le baptême sur profession de foi. Les Frères suisses transmettent leur tradition malgré les persécutions.

Foyers néerlandais

Menno Simons, ancien prêtre catholique de Frise, rejoint l’anabaptisme en 1536 et consolide un courant pacifique. L’anabaptisme ne résulte pas d’un seul itinéraire Zurich–Frise.

En France

Les communautés mennonites de l’Est reçoivent notamment l’héritage des réfugiés suisses et leurs réseaux transfrontaliers. Baptême du croyant, vie communautaire et recherche de la paix les caractérisent.

Les anabaptistes pacifiques ont plusieurs foyers. Menno Simons joue un rôle majeur dans les réseaux néerlandais ; les Frères suisses suivent aussi leurs propres trajectoires. Des familles réfugiées s’installent en Alsace et dans les principautés de l’Est aux XVIe et XVIIe siècles. En 1693, la séparation liée à Jakob Ammann donne naissance à la tradition amish.
Les Églises mennonites de France, réunies dans l’AEEMF, perpétuent cet héritage de foi confessée, de non-violence et de service du prochain. Leurs appartenances fédératives actuelles sont à consulter dans les annuaires officiels, qui distinguent les statuts et les dates.

Repères complémentaires

Suivre Jésus concrètement

La tradition mennonite insiste sur la vie de disciple : foi confessée, baptême du croyant, communauté fraternelle, service du prochain et cohérence entre croyance et conduite.

Une Église de paix

La non-violence, la réconciliation et le refus historique du serment ou de la contrainte religieuse donnent à cette famille une place singulière dans le protestantisme.

Proches des baptistes, mais distincts

Baptistes et mennonites partagent l’Église de professants et le baptême du croyant. Leur histoire et certains accents éthiques restent toutefois différents.

Source du complément : AEEMF — Confession de foi mennonite, editions-mennonites.fr

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202629 / 46

Précision de lecture — Menno Simons et appartenances actuelles

Menno Simons était un ancien prêtre catholique de Frise devenu dirigeant anabaptiste. Il consolide un courant pacifique important, mais il n’organise pas l’ensemble des anabaptistes, qui restent divers. Pour les appartenances fédératives actuelles de l’AEEMF, se reporter aux annuaires du CNEF et de la FPF : le statut peut être probatoire et il porte une date, que la page ne précise pas.

Page 30 / 46

Fiche famille : les Églises de la diversité

William J. Seymour

Les Églises issues des migrations — une diversité de traditions

Des trajectoires culturelles, plusieurs familles théologiques

Des traditions diverses

On trouve des communautés réformées, baptistes, méthodistes, pentecôtistes ou charismatiques. Une origine géographique ne détermine pas une doctrine.

Des circulations multiples

Migrations de croyants, initiatives locales et projets missionnaires relient l’Afrique, les Antilles, l’Asie et l’Europe. L’histoire ne se réduit pas à un unique mouvement de retour.

Des appartenances variées

Certaines communautés rejoignent des unions existantes ; d’autres demeurent indépendantes. Leurs liturgies, leurs langues et leurs organisations sont diverses.

Repères complémentaires

Une catégorie, pas une dénomination

« Églises de la diversité » décrit un paysage culturel et migratoire. Il ne s’agit ni d’une union unique ni d’une doctrine particulière.

Le mouvement missionnaire s’inverse

Des Églises autrefois évangélisées depuis l’Europe envoient désormais pasteurs, missionnaires et communautés vers la France : la mission devient véritablement mondiale.

Une grande variété

Beaucoup de ces communautés sont pentecôtistes ou charismatiques, mais pas toutes. Langues, liturgies, formes de gouvernance et affiliations nationales peuvent fortement varier.

Source du complément : Catégorie de synthèse du document ; repères CNEF

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202630 / 46

Précision de lecture — Catégorie sociologique

« Églises de la diversité » n’est pas une dénomination : c’est une catégorie sociologique, commode mais large. Ce qui est dit ici de leur sensibilité majoritairement pentecôtiste, de leur gouvernance ou de la jeunesse de leurs membres vaut pour les ensembles décrits par les études françaises citées en sources, et non pour chaque assemblée prise séparément.

Page 31 / 46

Fiche figure : Nicolas de Zinzendorf

Figure · réveil

Portrait de Nicolas de Zinzendorf

Nicolas de Zinzendorf

1700 – 1760 · Herrnhut · le réveil morave

  • Naissance1700, Dresde (Saxe)
  • Lieu d’actionHerrnhut, puis l’Europe, les Antilles et l’Amérique
  • Ce qu’il a laisséL’Église morave, la mission mondiale et la « religion du cœur »

Comte saxon élevé dans le piétisme — Spener est son parrain, Francke son maître à Halle —, Zinzendorf accueille en 1722 sur ses terres des réfugiés de Moravie, héritiers de l’Unité des Frères de Jan Hus. Le village qu’ils fondent s’appelle Herrnhut, « la garde du Seigneur ». Le 13 août 1727, au cours d’une sainte cène, la communauté divisée connaît un réveil qui la soude ; une chaîne de prière continue s’y met en place, qui durera plus de cent ans.

Dès 1732, Herrnhut envoie ses premiers missionnaires vers les esclaves des Antilles, puis au Groenland, en Afrique, en Amérique du Nord : la communauté morave mobilise une part remarquable de ses membres pour la mission. Zinzendorf lui-même, devenu évêque morave, banni de Saxe pendant dix ans, voyage sans cesse et fonde Bethlehem en Pennsylvanie. Sa théologie est celle du cœur : une relation personnelle et tendre avec le Christ crucifié. « Je n’ai qu’une passion : c’est Lui, Lui seul. »

C’est à bord d’un navire pour la Géorgie, puis à Londres auprès du morave Peter Böhler, que John Wesley rencontre les moraves et leur assurance du salut : ils contribuent à son cheminement vers l’expérience d’Aldersgate (mai 1738), et l’été suivant il se rend à Herrnhut. Les moraves ont aussi laissé un petit livre lu chaque jour dans le monde entier depuis 1731, les Losungen ou « Paroles quotidiennes ».

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Zinzendorf est un acteur majeur du renouveau morave et l’un des grands pionniers de l’élan missionnaire protestant moderne. Avant les départs moraves de 1732, la mission de Tranquebar, liée au Danemark et au piétisme de Halle, commence en 1706. Herrnhut donne une ampleur remarquable à la prière communautaire, à la piété du cœur et à l’envoi de missionnaires.

« Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »

— le Christ crucifié fut le centre de sa prédication et de ses cantiques
Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 32 / 46

Fiche figure : Marie Durand

Figure · le Désert

Portrait de Marie Durand

Marie Durand

1711 – 1776 · Aigues-Mortes · la résistance du Désert

  • Naissance1711, Le Bouschet-de-Pranles (Vivarais)
  • Lieu d’enfermementLa tour de Constance, Aigues-Mortes : trente-huit ans
  • Ce qu’elle a laisséUn mot gravé dans la pierre, Résister, et des lettres

Marie Durand n’a rien fondé, rien écrit pour le public, jamais prêché. Elle est la sœur de Pierre Durand, pasteur clandestin du Désert, pendu à Montpellier en 1732. Arrêtée en 1730, à dix-neuf ans, pour le seul crime d’être de cette famille, elle est enfermée à la tour de Constance, à Aigues-Mortes, avec d’autres femmes protestantes. Il lui aurait suffi d’abjurer pour en sortir. Elle y restera trente-huit ans.

Dans la salle haute de la tour, on lit encore, gravé sur la margelle du puits, le mot Register — « résister » en occitan ; la tradition l’attribue à Marie Durand. Ses lettres conservées la montrent organisant la vie des prisonnières, consolant les plus âgées, suppliant les autorités, remerciant les Églises d’Amsterdam qui envoient des secours, et priant. Elle est libérée en 1768 par le prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc, bouleversé par ce qu’il découvre.

Elle rentre au Bouschet, sa maison pillée, et y meurt en 1776, onze ans avant l’édit de tolérance qui rendra une existence légale aux protestants. Sa maison natale est aujourd’hui un musée du protestantisme vivarois.

Pourquoi elle compte pour les Églises d’aujourd’hui

Cette fiche est celle d’une figure de fidélité. Au milieu de fondateurs, de réformateurs et de prédicateurs, Marie Durand rappelle que la foi des familles d’Églises a aussi tenu par des croyants sans rôle ni titre, qui n’ont eu à offrir que leur constance. Les réformés du Désert, et toutes les Églises persécutées d’aujourd’hui, se reconnaissent en elle.

« Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »

— le verset que les protestants français ont associé à sa fidélité
Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 33 / 46

Fiche figure : Robert Haldane

Figure · réveil

Portrait de Robert Haldane

Robert Haldane

1764 – 1842 · Genève · le Réveil de Genève

  • Naissance1764, Londres, dans une famille écossaise
  • Lieu d’actionL’Écosse, puis Genève (1816-1817) et Montauban
  • Ce qu’il a laisséLe Réveil de Genève et une génération de pasteurs qui ont réveillé la France

Officier de la marine des Indes, puis riche propriétaire écossais, Haldane se convertit vers 1795 et vend son domaine d’Airthrey pour financer l’évangélisation de l’Écosse avec son frère James : écoles de prédicateurs, lieux de culte, envoi d’évangélistes. Il devient l’un des artisans du renouveau évangélique écossais, hors de l’Église établie.

À l’automne 1816, il arrive à Genève, la ville de Calvin, et trouve une Académie où l’on n’enseigne plus guère la divinité du Christ ni le salut par la grâce. Il ouvre son salon aux étudiants en théologie et leur explique, soir après soir, l’épître aux Romains. Autour de sa table se trouvent Merle d’Aubigné, le futur historien de la Réforme, Frédéric Monod, Louis Gaussen, Henri Pyt, Ami Bost : la génération du Réveil. Il poursuit à Montauban, auprès de la faculté protestante, jusqu’en 1819.

Son commentaire de l’épître aux Romains, tiré de ces soirées, restera un classique. Les hommes qu’il a réveillés fondent des sociétés bibliques et missionnaires, des Églises libres — à Genève en 1849, en France la même année avec Frédéric Monod — et redonnent au protestantisme français son élan évangélique.

Pourquoi il compte pour les Églises d’aujourd’hui

Haldane montre qu’un réveil peut naître d’une simple étude biblique menée avec sérieux. Les libristes, une part des réformés évangéliques, les sociétés d’évangélisation du XIXe siècle et, par elles, bien des Églises évangéliques actuelles descendent de ce salon genevois où l’on lisait Romains.

« Car je n’ai point honte de l’Évangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. »

— l’épître aux Romains fut le texte de ses soirées genevoises
Pour continuer

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Page 34 / 46

Fiche famille : Catch The Fire

John et Carol Arnott1994

Catch The Fire — le rameau néo-charismatique issu de Toronto

  • CTF Lyonassociation cultuelle, 2017
  • Réseau Catch The FireToronto, dès 1996
  • Bénédiction de Toronto1994
  • Vineyard, « troisième vague »dès 1982
  • Renouveau charismatiquedès 1960
  • Azusa Street1906
  • Réforme1517
Le 20 janvier 1994, des réunions conduites par le pasteur Randy Clark dans la Toronto Airport Vineyard — Église dirigée par John et Carol Arnott — ouvrent une vague de renouveau connue sous le nom de « Bénédiction de Toronto ». Prière pour la guérison, prophétie, thème de l’amour du Père, prière contemplative et manifestations corporelles diverses attirent en quelques mois des visiteurs du monde entier. Le mouvement traverse de nombreuses dénominations et suscite d’importants débats théologiques, y compris en milieu évangélique et charismatique : ses participants y lisent une visitation du Saint-Esprit, d’autres en discutent les manifestations et les fruits.
En décembre 1995, Vineyard met fin à l’affiliation de l’Église de Toronto : ses responsables, John Wimber en tête, estiment que la place prise par certaines manifestations devait céder devant les éléments centraux de l’Écriture. L’Église devient indépendante sous le nom de Toronto Airport Christian Fellowship, puis prend celui de Catch The Fire ; le réseau Partners in Harvest, né du même milieu, lui est intégré en 2019. C’est cette rupture qui fait de Catch The Fire un réseau autonome, et non une branche de Vineyard.
Le réseau ne se présente pas comme une dénomination centralisée mais comme une famille relationnelle et apostolique ; en août 2026, son site mondial annonce 181 Églises, ministères, missions et réseaux, dans 30 pays et 16 langues, de Montréal à Zurich, Oslo, Sydney ou Hong Kong. Les Églises locales gardent leur autonomie et reçoivent du réseau formation et accompagnement. Sa confession de foi affirme le Dieu trinitaire, l’autorité de la Bible, la divinité et la résurrection corporelle du Christ, la nécessité de la nouvelle naissance et l’actualité des dons du Saint-Esprit : exactement le socle commun présenté à la fin de ce document.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202634 / 46

Page 35 / 46

Catch The Fire en France et dans le paysage charismatique

Catch The Fire en France et dans le paysage charismatique

En France, la seule implantation officiellement identifiée est Catch The Fire Lyon, constituée en association cultuelle protestante évangélique en janvier 2017, dans le 6e arrondissement de Lyon. Elle porte aussi des écoles et des sessions sur la prière, l’identité en Christ, la guérison intérieure et les dons spirituels, ce qui lui donne une audience plus large que son assemblée dominicale. Aucune des sources publiques consultées ne documente une affiliation à la FPF ou au CNEF.
Pentecôtisme classique1901-1906

De nouvelles dénominations naissent : Assemblées de Dieu, Église de Dieu, et en France les ADD.

Renouveau charismatiquedès 1960

Les dons spirituels se diffusent à l’intérieur des Églises existantes, catholiques comprises.

Néo-charismatisme1980-1990

Réseaux non dénominationnels : Vineyard, puis Toronto et Catch The Fire.

À retenir · Catch The Fire appartient bien au protestantisme évangélique charismatique, avec le même socle confessionnel que les autres familles de ce document. Mais il ne descend pas du pentecôtisme français classique : c’est un rameau greffé en 1994 sur le renouveau charismatique, par la branche Vineyard.

Repères complémentaires

Structure du réseau

Catch The Fire se présente comme une famille relationnelle et apostolique. Les communautés locales gardent leur autonomie tout en recevant accompagnement, formation et relations internationales.

Socle confessionnel

Sa confession de foi affirme notamment le Dieu trinitaire, l’autorité biblique, la divinité et la résurrection corporelle du Christ, la nouvelle naissance et l’actualité des dons spirituels.

Accent spirituel propre

Le langage de « l’amour du Père », de l’identité en Christ, de la guérison intérieure et de l’écoute prophétique marque fortement ses écoles et ses ministères.

Sources du complément : Catch The Fire Global et Catch The Fire Lyon

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202635 / 46

Précision de lecture — CTF en France

Au 13 août 2026, Lyon est la seule entrée française visible dans l’annuaire officiel du mouvement ; cette donnée est vivante et peut avoir changé depuis. L’adresse d’un lieu de réunion ne se confond pas avec le siège juridique d’une association. Enfin, la chaîne Azusa → renouveau charismatique → Vineyard → Toronto décrit des influences et des contextes successifs, non une filiation institutionnelle continue.

Page 36 / 46

Fiche voisine : les adventistes du septième jour

Ellen G. White

Les adventistes du septième jour — une branche voisine, issue du millérisme

  • Adventistesunion, 1863
  • Ellen Whitedès 1845
  • MillérismeMiller, 1844
  • Second RéveilUSA, 1790-1840
  • Réforme1517
Après la Grande Déception de 1844, une partie des milléristes conclut que la date marquait non pas le retour du Christ mais une étape de son œuvre céleste. Avec Joseph Bates, James White, Ellen White et d’autres pionniers, ce groupe se structure et adopte le repos du septième jour : l’Église adventiste du septième jour est officiellement organisée en 1863. Trinitaire, elle est présente en France depuis la fin du XIXe siècle ; membre de la Fédération protestante de France, elle n’appartient pas au CNEF. On la situe le plus souvent aux marges du monde évangélique : proche par la piété biblique et l’évangélisation, distincte par le sabbat et par la place reconnue aux écrits d’Ellen White.

Repères complémentaires

Deux repères visibles

Le sabbat est observé du vendredi soir au samedi soir, et l’attente du retour du Christ structure fortement la prédication, la spiritualité et le nom même du mouvement.

Foi, santé et service

L’adventisme associe évangélisation, éducation, santé, aide humanitaire et défense de la liberté religieuse. Ces œuvres expliquent une présence sociale plus large que ses assemblées locales.

Position dans le paysage français

L’Église adventiste confesse la Trinité et se situe dans le protestantisme ; elle est membre de la FPF, mais ne relève pas du CNEF. Les écrits d’Ellen White gardent chez elle une place particulière.

Source du complément : Union adventiste — adventiste.org et ufbl.adventiste.org

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202636 / 46

Précision de lecture — Pionniers adventistes

La formation du mouvement ne repose pas sur Ellen White seule : Joseph Bates, James White et d’autres pionniers jouent aussi des rôles majeurs. « Aux marges du monde évangélique » est une classification discutée, non une donnée brute.

Critère employé dans ce dossier : la confession trinitaire — celle de Nicée-Constantinople (325-381) — et le rapport à l’Écriture ; rien d’autre. Situer une Église par rapport à ce critère ne dit rien de la sincérité, de la piété ou de la valeur de ses membres, et les adventistes se définissent eux-mêmes comme chrétiens protestants.

Page 37 / 46

Repère comparatif : les Témoins de Jéhovah

Charles T. RussellJoseph F. Rutherford

Les Témoins de Jéhovah — une racine protestante, une sortie du tronc commun

  • Témoins de JéhovahRutherford, 1931
  • Étudiants de la BibleRussell, 1879
  • Second-adventismeStorrs, Barbour
  • MillérismeMiller, 1844
  • Réforme1517
Les Témoins de Jéhovah sortent du même terreau que l’évangélisme américain : le Second Réveil et son rêve de restaurer le christianisme primitif. Quand l’annonce du retour du Christ pour 1844 échoue, le mouvement millérite éclate ; c’est au contact d’anciens milléristes (George Storrs, Nelson Barbour) que Charles T. Russell forge dans les années 1870 sa doctrine : chronologies prophétiques, annihilation des méchants plutôt qu’enfer, et rejet de la Trinité — le Fils y est la première créature de Dieu, christologie non nicéenne et subordinationiste, distincte des confessions protestantes trinitaires.
En 1879, Russell lance La Tour de Garde ; à sa mort (1916), Joseph Rutherford centralise le mouvement et lui donne en 1931 le nom de Témoins de Jéhovah. Une partie importante des Étudiants de la Bible refuse alors de le suivre : ces « russellistes » historiques existent encore aujourd’hui, fidèles aux enseignements de Russell mais sans l’organisation centralisée des Témoins — l’Institut biblique pastoral (1918), le Mouvement missionnaire intérieur laïque (Paul Johnson, 1919, dit aussi « de l’Épiphanie »), l’association des Étudiants de la Bible de l’Aurore (1932) et les Étudiants de la Bible libres ; plusieurs de ces groupes ont des assemblées en France et en Europe.
Présents en France depuis le début du XXe siècle, les Témoins n’appartiennent ni à la FPF ni au CNEF : leur doctrine antitrinitaire les situe hors du protestantisme confessant, qui tient la divinité pleine du Christ (Nicée, 325) pour le cœur de la foi. Leur histoire montre en revanche d’où ils viennent : d’un rameau du protestantisme américain du XIXe siècle, courant restaurationniste dont les doctrines divergent des confessions protestantes trinitaires. Cette dernière appréciation relève d’une comparaison théologique.
À retenir · mêmes racines lointaines que les évangéliques (réveils américains, restaurationnisme), mais une rupture doctrinale — la Trinité — qui les place hors du tronc commun protestant.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202637 / 46

Précision de lecture — Chronologie exacte, interprétation à signaler

L’expression exacte est « courants second-adventistes issus du millérisme » : parler d’« adventisme » sans précision reviendrait à confondre les Témoins de Jéhovah avec les adventistes du septième jour, qui sont deux trajectoires distinctes. Le rapprochement avec l’arianisme ancien éclaire un point de doctrine, mais les deux situations historiques ne se superposent pas. Enfin, ce que la page conclut sur le sola scriptura est une appréciation théologique protestante, non un constat historique neutre.

Critère employé dans ce dossier : la confession trinitaire — celle de Nicée (325), achevée à Constantinople (381). La différence est réelle et il est honnête de la nommer ; elle porte sur une doctrine, jamais sur la valeur des personnes. Cette page est un repère généalogique, pas une mise en garde.

Précision de lecture — Des Étudiants de la Bible aux Témoins de Jéhovah : une scission, non une continuité

Le fil vert relie les Étudiants de la Bible aux Témoins de Jéhovah par une flèche unique. Ce qui s’est produit est une scission. À la mort de Charles Russell en 1916, une partie du mouvement refuse la direction de Joseph Rutherford : l’Institut pastoral de la Bible est fondé en 1918, Alexandre Freytag lance les Amis de l’Homme en Suisse, et plusieurs groupes d’Étudiants de la Bible subsistent aujourd’hui encore, distincts des Témoins de Jéhovah. L’assistance aux réunions chute de près de 75 % entre 1922 et 1928.

Ce que Rutherford met ensuite en place n’est pas une retouche : prophétie d’Armageddon manquée en 1925, abandon de Noël (fêté une dernière fois au Béthel en 1926) et de la pyramidologie en 1928, suppression du comité de rédaction et adoption du nom « Témoins de Jéhovah » le 26 juillet 1931 à Columbus, doctrine de la « grande foule » et refus du salut au drapeau en 1935, rejet de la croix en 1936, gouvernement théocratique en 1938.

À noter enfin : l’écart avec la confession trinitaire ne date pas de Rutherford. Russell enseignait déjà que le Fils avait reçu la divinité comme un don, et que l’Esprit saint n’était pas une personne mais la manifestation de la puissance de Dieu. La formule exacte est donc : une fraction des Étudiants de la Bible, réorganisée par Rutherford, devient les Témoins de Jéhovah — les autres subsistent séparément et récusent cette réorganisation.

Animation · synthèse

Des foyers de naissance aux implantations en France

Un repère visuel simplifié : les lignes représentent des trajectoires historiques, non nécessairement des filiations institutionnelles directes. Les pages 38 et 39 détaillent et nuancent chaque cas.

Lecture en boucle, avec pause et reprise. Les tableaux suivants restent la référence détaillée.

Sur petit écran, utilisez « Agrandir » et placez de préférence l’appareil en mode paysage.

Précision de lecture — Sigles et limites de la synthèse

* EPUdF : l’union actuelle date de 2013 ; les dates du XVIe siècle désignent ses racines luthériennes et réformées. ** Témoins de Jéhovah : issus d’une branche des courants second-adventistes nés du millérisme, ils se situent hors du protestantisme confessant et ne relèvent ni de la FPF ni du CNEF. *** Catch The Fire : réseau évangélique néo-charismatique international, avec une présence française identifiée à Lyon depuis 2017 ; son affiliation à la FPF ou au CNEF n’est pas documentée dans les sources publiques consultées.

Les traits indiquent une trajectoire historique simplifiée entre un foyer de formation et un repère français. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, une filiation directe, une influence exclusive ou une affiliation institutionnelle.

Page 38 / 46

Tableau récapitulatif : qui vient d’où ? — 1

Tableau récapitulatif : qui vient d’où ?


Une ligne par famille : naissance du courant, arrivée en France, racine principale. Les portraits se lisent de gauche à droite, du plus proche de nous vers la racine la plus ancienne. Les portraits signalent des acteurs associés à cette histoire ; les points entre eux ne constituent pas une filiation directe.

Réformés évangéliques
(UNEPREF)

Repère du courant

Genève, 1536

En France

Paris, 1555
(huguenots)

Racine

Calvin — Réforme magistérielle

Antoine CourtJean CalvinMartin Luther

Luthériens et réformés unis
(EPUdF)*

Repère du courant

1517 / 1536

En France

XVIe s. ;
union en 2013

Racine

Luther et Calvin

Jean CalvinMartin Luther

Mennonites (AEEMF)

Repère du courant

Foyers suisses et néerlandais, XVIe siècle

En France

Alsace, XVIe-
XVIIe s.

Racine

Réforme radicale (anabaptisme)

Menno SimonsMartin Luther

Baptistes (FEEBF,
AEEBLF…)

Repère du courant

Amsterdam, 1609

En France

Nomain,
v. 1810-1820

Racine

Séparatisme anglais ; contacts et influences mennonites

John SmythMenno SimonsMartin Luther

Libristes (UEEL)

Repère du courant

Paris, 1849

En France

Paris, 1849

Racine

Huguenots + Réveil de Genève

Frédéric MonodRobert HaldaneJean Calvin

Assemblées de Frères
(CAEF)

Repère du courant

Années 1820–1830 ; séparation en 1848

En France

XIXe siècle ; Frères ouverts à Vitry vers 1850

Racine

Origines multiples ; les CAEF reçoivent surtout l’héritage des Frères ouverts

Méthodistes (UEEM/F)

Repère du courant

Oxford 1729 ; Aldersgate 1738

En France

Normandie, 1791

Racine

Wesley — anglicanisme + moraves

John WesleyNicolas de ZinzendorfMartin Luther

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202638 / 46

Précision de lecture — Tableau à lire avec précaution

Trois cases du tableau demandent une formule plus exacte. Les baptistes viennent du séparatisme anglais, avec des contacts et des influences mennonites — la filiation anabaptiste directe reste débattue. La branche française des CAEF ne part pas directement des groupes darbystes de 1837, dont elle s’est au contraire distinguée. Et le méthodisme commence au « Holy Club » d’Oxford en 1729, l’expérience d’Aldersgate de 1738 lui donnant ensuite son élan évangélique.

Page 39 / 46

Tableau récapitulatif : qui vient d’où ? — 2

Qui vient d’où ? — suite


Les familles pentecôtistes et charismatiques, les adventistes et les Témoins de Jéhovah. Les portraits signalent des acteurs associés à cette histoire ; les points entre eux ne constituent pas une filiation directe.

Assemblées de Dieu
(ADD)

Repère du courant

Pentecôtisme, début du XXe siècle

En France

Le Havre, 1930 ;
union 1932

Racine

Plusieurs influences, dont le mouvement de sainteté

Douglas ScottWilliam J. SeymourJohn Wesley

Vie et Lumière
(gens du voyage)

Repère du courant

Pentecôtisme ; mouvement français dès 1952

En France

Bretagne, 1952

Racine

Pentecôtisme

Clément Le CossecDouglas ScottWilliam J. Seymour

Renouveau charismatique

Repère du courant

Vague mondiale,
1960-1980

En France

Dès les
années 1960

Racine

Pratiques spirituelles diffusées dans des Églises déjà existantes

William J. SeymourJohn Wesley

Églises issues des migrations

Repère du courant

Pas de date de naissance unique

En France

Développements selon les communautés

Racine

Traditions réformées, baptistes, pentecôtistes et autres

Catch The Fire
(réseau international)***

Repère du courant

Toronto, 1994

En France

Lyon, 2017

Racine

Renouveau charismatique, via Vineyard

John et Carol Arnott

Adventistes du
septième jour

Repère du courant

États-Unis,
1844-1863

En France

Fin du XIXe s.

Racine

Millérisme — Second Réveil

Ellen G. WhiteMartin Luther

Témoins de Jéhovah**

Repère du courant

États-Unis,
1879-1931

En France

Début du
XXe s.

Racine

Millérisme / adventisme

Joseph F. RutherfordCharles T. RussellEllen G. White

*L’EPUdF appartient au protestantisme historique (FPF) et non au CNEF ; elle figure ici pour que chacun situe l’ensemble de la famille protestante.

**Issus du terreau protestant américain, les Témoins de Jéhovah sont hors du protestantisme confessant (doctrine antitrinitaire) : ni FPF, ni CNEF.

***Catch The Fire est un réseau évangélique néo-charismatique international ; sa présence française officiellement identifiée est à Lyon depuis 2017. Son affiliation à la FPF ou au CNEF n’est pas documentée dans les sources publiques consultées.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202639 / 46

Précision de lecture — Mouvement mondial et unions françaises

Les Assemblées de Dieu et Vie et Lumière ne « naissent » pas à Los Angeles en 1906 : Azusa Street est un foyer de diffusion mondiale, tandis que les organisations françaises ont leurs propres dates de fondation, respectivement 1932 et 1952-1954. Pour les Témoins de Jéhovah, l’origine se dit « millérisme, puis second-adventisme » plutôt qu’« adventisme ».

Page 40 / 46

Les deux grandes maisons communes : FPF et CNEF

Pl. 40 — Maisons communesRelevé · France · 1905 / 2010Repères de lecture

Planche I · vue d’ensemble

Les deux grandes maisons communes

Deux ensembles distincts, une zone de recouvrement réelle. Le relevé ci-dessous porte uniquement ce que les statuts déclarent.

A · 1905

FPF

Fédération protestante de France

EPUdFlibristesméthodistesadventistesArmée du SalutMission populairepentecôtistes · charismatiques

B · 2010

CNEF

Conseil national des évangéliques de France

ADDCAEFUEELUNEPREFUEEMmennonitesVie et LumièrePerspectives

A ∩ B

FEEBF

unions à double appartenance

Note du relevé

Certaines unions appartiennent aux deux maisons à la fois — signe que les frontières sont des ponts plus que des murs.

Un héritage partagé, des formulations diverses

Ce qui rapproche les Églises

L’héritage chrétien ancien

La foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit est formulée à Nicée (325) et Constantinople (381). Chalcédoine (451) précise la confession du Christ pleinement Dieu et pleinement homme, en deux natures.

Les convictions de la Réforme

La place de l’Écriture et le salut reçu par grâce, dans la foi, marquent les traditions protestantes. Leur formulation et leur interprétation varient entre les Églises.

La coopération aujourd’hui

La FPF reconnaît un fondement évangélique commun tout en respectant la diversité des expressions de foi. Le CNEF réunit des unions et œuvres autour de convictions évangéliques partagées. Ces organismes ne fusionnent pas les Églises.

Un héritage commun n’efface ni les désaccords ni l’histoire des séparations. Les appartenances institutionnelles se vérifient dans les annuaires datés.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202640 / 46
Précision de lecture — FPF, CNEF et confession commune

Le CNEF fédère des unions et œuvres protestantes évangéliques ; « Églises de professants » n’est pas sa définition juridique exhaustive. La Charte FPF reconnaît l’Évangile attesté dans les Écritures et le salut par grâce reçu par la foi, tout en maintenant la diversité des formulations et des compréhensions de l’Écriture.

Page 41 / 46

Les œuvres communes : former, envoyer, servir

Pl. 41 — Œuvres communesFormer · traduire · implanter · servirRepères de lecture

Planche II · réseaux de coopération

Les œuvres communes : former, envoyer, servir

Une généalogie ne se lit pas seulement dans les unions d’Églises. Depuis un siècle et demi, les familles se rencontrent surtout dans des œuvres qu’aucune n’aurait pu porter seule — et c’est souvent là que les rapprochements ont commencé, bien avant les structures officielles.

Former

Instituts et facultés réunissent des étudiants de plusieurs familles : l’Institut biblique de Nogent dès 1921, puis la FLTE à partir de 1965, illustrent cette coopération progressive.

Traduire et diffuser

Sociétés bibliques, maisons d’édition, librairies : la traduction et la diffusion bibliques deviennent progressivement un chantier interconfessionnel.

Implanter

Missions d’implantation d’Églises — Perspectives et bien d’autres — qui travaillent dans les villes sans témoignage évangélique.

Servir

Entraide, aumôneries d’hôpital et de prison, accueil des plus fragiles : l’héritage direct de la Mission populaire (Robert McAll, Belleville, 1872) et de l’Armée du Salut (en France depuis 1881).

Notes de lecture

Travailler ensemble sans devenir identiques

Une œuvre commune naît lorsqu’un besoin dépasse les moyens d’une seule famille d’Églises. Elle permet de réunir des compétences et des ressources autour d’une mission précise, sans effacer les convictions ni les responsabilités propres de chaque partenaire.

Repère 1

Un but délimité

Former, traduire, envoyer ou servir constitue un objectif commun. L’accord porte d’abord sur cette tâche ; il ne suppose pas une identité complète de doctrine, de liturgie ou de gouvernement d’Église.

Repère 2

Une gouvernance identifiable

Une faculté, une mission ou une œuvre sociale possède normalement ses propres responsables, statuts et règles de contrôle. Participer à son activité ne signifie pas devenir membre d’une nouvelle Église.

Repère 3

Un effet historique réel

Les relations de confiance créées dans le travail quotidien peuvent préparer des rapprochements plus larges. Mais une coopération ancienne ne prouve pas, à elle seule, une affiliation actuelle.

Œuvre commune ≠ union d’Églises

Une œuvre rassemble des personnes ou des institutions autour d’un service ; une union d’Églises organise une appartenance ecclésiale durable. Certaines œuvres naissent dans une famille puis s’ouvrent à d’autres ; certaines restent volontairement interconfessionnelles.

Trois questions utiles

Qui porte juridiquement l’œuvre ?

Quelle mission précise partage-t-elle ?

Que signifie réellement y participer ?

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202641 / 46
Précision de lecture — Coopérations progressives

Lefèvre d’Étaples précède la constitution de la plupart des familles présentées : la traduction biblique devient progressivement interconfessionnelle. L’action sociale protestante ne descend pas entièrement de la Mission populaire et de l’Armée du Salut, qui en sont deux expressions majeures parmi d’autres.

Animation · lire une fiche

Remonter les repères et distinguer les influences

L’animation rassemble des repères associés à huit trajectoires. L’ordre des cases ne signifie pas que chaque groupe descend directement du précédent : les mentions d’influence et les schémas des fiches précisent la nature des liens. L’explorateur des racines distingue les relations visuellement.

Les baptistes Survolez pour mettre en pause. Les fiches détaillent les relations ; l’explorateur propose une lecture par filiation, influence et coopération.

Explorer les relations entre familles →

Page 42 / 46

Les racines européennes

Routes et foyers · 1 / 3

Les racines européennes

Des textes circulent, des croyants se déplacent, des communautés se rencontrent. Les traits relient des foyers de circulation et d’influence ; ils ne représentent pas une succession institutionnelle unique.

Foyers géographiques du parcoursLes repères numérotés renvoient à la liste détaillée. Les positions sont approximatives ; les tracés représentent des circulations et influences, pas des frontières confessionnelles.1234567
Fond : Natural Earth, domaine public. Positions approximatives. Les numéros correspondent aux notices ; la carte se lit avec elles.
  1. 1

    Oxford → Prague

    Fin du XIVe–début du XVe siècle

    Des écrits de Wycliffe circulent en Bohême et influencent Hus. Celui-ci ne reprend pas toutes ses positions.

  2. 2

    Bohême et Moravie → Herrnhut

    1457 · 1722 · 1727

    L’Unité des Frères naît en 1457. Des réfugiés de cette tradition rejoignent Herrnhut en 1722 ; le réveil morave de 1727 associe plusieurs héritages.

  3. 3

    Des foyers anabaptistes distincts

    Zurich 1525 · Frise 1536

    Les branches suisses et néerlandaises ont leurs parcours propres. Menno consolide une branche pacifique ; une simple flèche Zurich–Frise ne résume pas leurs origines.

  4. 4

    Exilés anglais et contacts mennonites

    Amsterdam 1609 · Londres 1612

    La communauté de John Smyth se forme dans le séparatisme anglais, avec des contacts mennonites. Helwys poursuit une autre voie et revient en Angleterre.

  5. 5

    Wittenberg ↔ humanisme français

    À partir de 1517 · Meaux 1521

    Les écrits réformateurs circulent. Le cénacle de Meaux s’inscrit aussi dans un humanisme biblique français déjà actif autour de Lefèvre d’Étaples.

  6. 6

    Genève → communautés françaises

    Années 1550 · Académie 1559

    Genève accompagne l’envoi de pasteurs et la structuration de communautés. Paris adopte une organisation réformée en 1555 ; l’Académie consolide ensuite la formation.

  7. 7

    De l’héritage vaudois à Chanforan

    Vers 1170 · 1532

    Le mouvement né autour de Valdo se déploie sur plusieurs territoires. À Chanforan, des communautés vaudoises rejoignent la Réforme et soutiennent la Bible d’Olivétan.

Comment lire ces relations ? Un héritage peut traverser plusieurs institutions. Une influence ne vaut pas adhésion à toute une doctrine. Les échanges missionnaires se poursuivent aujourd’hui dans plusieurs directions.

Précision de lecture — Carte d’influences

Lire les verbes « féconde » et « donne » comme des influences et héritages partiels, non comme des filiations institutionnelles automatiques.

Page 43 / 46

Les circulations atlantiques

Routes et foyers · 2 / 3

Les circulations atlantiques

Réveils, méthodisme, sainteté et pentecôtisme se croisent entre l’Europe et l’Amérique. Plusieurs influences contribuent à chaque étape ; aucune traversée ne résume toute une famille.

Foyers géographiques du parcoursLes repères numérotés renvoient à la liste détaillée. Les positions sont approximatives ; les tracés représentent des circulations et influences, pas des frontières confessionnelles.123456
Fond : Natural Earth, domaine public. Positions approximatives. Les numéros correspondent aux notices ; la carte se lit avec elles.
  1. 1

    Herrnhut et les rencontres de Wesley

    1735–1738

    Wesley rencontre des Moraves pendant son voyage vers la Géorgie, puis à Londres. Leur influence ne remplace pas son arrière-plan anglican.

  2. 2

    Grande-Bretagne → Amérique

    1735–1784

    Le séjour de Wesley en Géorgie précède l’essor du méthodisme américain. En 1784 se structure l’Église méthodiste épiscopale aux États-Unis.

  3. 3

    Des réveils au mouvement de sainteté

    XVIIIe–XIXe siècles

    Edwards, Whitefield et des acteurs de plusieurs traditions participent aux réveils. Au XIXe siècle, le mouvement de sainteté développe notamment un héritage méthodiste.

  4. 4

    Topeka : un foyer pentecôtiste

    1901

    L’expérience du groupe de Charles Parham est un repère des débuts pentecôtistes. Elle ne suffit pas à expliquer toutes les origines du mouvement.

  5. 5

    Los Angeles : Azusa Street

    1906

    Sous la conduite de William J. Seymour, les réunions d’Azusa participent à une diffusion internationale. Des communautés locales adaptent et prolongent cet élan.

  6. 6

    Le Havre : Douglas Scott

    1930 · ADD 1932

    Le ministère de Douglas Scott contribue à l’implantation du pentecôtisme en France. Les ADD françaises s’organisent en 1932, après des circulations internationales multiples.

Comment lire ces relations ? Un héritage peut traverser plusieurs institutions. Une influence ne vaut pas adhésion à toute une doctrine. Les échanges missionnaires se poursuivent aujourd’hui dans plusieurs directions.

Précision de lecture — Plusieurs canaux vers le pentecôtisme

Le mouvement de sainteté est une influence majeure, mais le pentecôtisme ne résulte pas d’une seule chaîne causale partant de Wesley.

Page 44 / 46

Des foyers protestants en France

Routes et foyers · 3 / 3

Des foyers protestants en France

Quelques implantations et lieux de mémoire, des vaudois aux mouvements contemporains. Cette carte ne représente ni l’arrivée initiale du christianisme en France ni toutes les communautés protestantes.

Foyers géographiques du parcoursLes repères numérotés renvoient à la liste détaillée. Les positions sont approximatives ; les tracés représentent des circulations et influences, pas des frontières confessionnelles.12345678910
Fond : Natural Earth, domaine public. Positions approximatives. Les numéros correspondent aux notices ; la carte se lit avec elles.
  1. 1

    Lyon · héritage vaudois

    Vers 1170

    Valdo et les pauvres de Lyon. Le christianisme est déjà attesté en Gaule bien avant cette date.

  2. 2

    Alsace · mennonites

    XVIe–XVIIe siècles

    Des réfugiés anabaptistes, notamment suisses, s’installent dans l’Est. Les communautés suivent des trajectoires transfrontalières.

  3. 3

    Cévennes · clandestinité et réorganisation

    1685 · 1702 · 1715

    Après la révocation commence le Désert. La guerre des Camisards s’ouvre en 1702 ; Antoine Court participe à la réorganisation des Églises à partir de 1715.

  4. 4

    Normandie · méthodisme

    1791

    Des prédicateurs viennent des îles anglo-normandes. Les implantations françaises s’étendent ensuite à d’autres régions.

  5. 5

    Nomain · baptistes

    Vers 1810–1820

    Un groupe se forme autour de la lecture biblique ; les rencontres avec des évangélistes et les baptêmes donnent progressivement une identité baptiste à la communauté.

  6. 6

    Ardèche, Drôme et autres foyers · Frères

    XIXe siècle

    Les assemblées s’implantent progressivement, avec des branches distinctes. L’arrivée de Darby en Suisse en 1837 n’est pas la date de création des CAEF françaises.

  7. 7

    Paris · libristes et coopérations

    1849 · 2010

    L’union des Églises libres est fondée en 1849. Le CNEF, constitué en 2010, rassemble de nombreuses unions et œuvres ; il ne descend pas institutionnellement de cette seule famille.

  8. 8

    Le Havre · pentecôtisme

    1930 · 1932

    Douglas Scott commence son ministère français en 1930 ; l’organisation des Assemblées de Dieu françaises suit en 1932.

  9. 9

    Midi · réformés évangéliques

    1938

    Certaines Églises réformées restent en dehors de l’union qui constitue l’ERF. Leur histoire se poursuit dans la famille aujourd’hui appelée UNEPREF.

  10. 10

    Bretagne · Vie et Lumière

    1952

    Clément Le Cossec participe aux débuts du mouvement évangélique parmi les gens du voyage. Cette histoire a sa propre dynamique au sein du pentecôtisme.

Comment lire ces relations ? Un héritage peut traverser plusieurs institutions. Une influence ne vaut pas adhésion à toute une doctrine. Les échanges missionnaires se poursuivent aujourd’hui dans plusieurs directions.

Précision de lecture — Une chaîne pédagogique, non unique

Wyclif, Hus, les Moraves, Wesley, le mouvement de sainteté et le pentecôtisme forment une histoire d’influences multiples. Les verbes « donne », « convertit » et « engendre » sont trop directs s’ils sont lus littéralement.

Animation · les trois cartes

Les routes en mouvement

Sur un fond géographique, les flèches des trois cartes se dessinent une à une, dans l’ordre du temps : racines européennes, aller-retour atlantique, puis points d’entrée en France.

Fond géographique simplifié : Natural Earth, domaine public. Les positions restent approximatives ; les pages 42 à 44 font référence.

Page 45 / 46

Cinq malentendus fréquents

Cinq malentendus fréquents

Cinq phrases entendues souvent, et ce que l’histoire des familles permet d’y répondre.

Malentendu 1

« Les évangéliques, c’est américain. »

Les mennonites arrivent en Alsace au XVIe siècle, les libristes naissent à Paris en 1849, les assemblées de Frères s’implantent progressivement en France au XIXe siècle, les réformés évangéliques viennent du Désert cévenol. L’apport américain est réel — les missions baptistes, le pentecôtisme — mais il est tardif et partiel.

Malentendu 2

« Évangélique et protestant, ce sont deux choses. »

Les familles évangéliques de ce document s’inscrivent dans l’histoire issue de la Réforme, et plusieurs unions siègent à la fois à la FPF et au CNEF. « Évangélique » désigne une sensibilité à l’intérieur du protestantisme, pas à côté de lui.

Malentendu 3

« Notre Église est la plus fidèle à l’Église primitive. »

Chaque famille a une histoire, des pionniers, des institutions et des bifurcations — y compris la nôtre. Cela ne diminue rien : c’est même la meilleure protection contre l’illusion d’être né directement du livre des Actes.

Malentendu 4

« Les Témoins de Jéhovah sont une Église évangélique. »

Ils partagent des racines historiques avec l’évangélisme américain du XIXe siècle, mais leur rejet de la Trinité les place hors du protestantisme confessant. Connaître leur généalogie évite deux erreurs : les confondre avec nous, ou nier qu’ils viennent de quelque part.

Malentendu 5

« Des influences communes signifient que les Églises sont identiques ou appartiennent à la même organisation. »

Repérer des influences communes ne signifie pas que les Églises sont identiques, ni qu’elles appartiennent toutes à la même organisation. Une proximité historique, théologique ou spirituelle peut exister sans lien juridique, fédératif ou de succession institutionnelle.

Dossier en ligne · familles et repères · édition 202645 / 46

Précision de lecture — Origines historiques diverses

Les familles évangéliques se situent dans l’histoire issue de la Réforme ; les groupes voisins traités dans le dossier n’en « descendent » pas tous directement. Les mouvements diffus ont plusieurs pionniers plutôt qu’un fondateur unique.

Page 46 / 46

Glossaire des sigles

ADD
Assemblées de Dieu de France (pentecôtistes, 1932)
AEEBLF
Association évangélique d’Églises baptistes de langue française
AEEMF
Association des Églises évangéliques mennonites de France
CAEF
Communautés et assemblées évangéliques de France (Frères larges)
CNEF
Conseil national des évangéliques de France (2010)
CTF
Catch The Fire (réseau néo-charismatique international, Toronto ; Lyon depuis 2017)
EPUdF
Église protestante unie de France (réformés + luthériens, 2013)
FEEBF
Fédération des Églises évangéliques baptistes de France
FPF
Fédération protestante de France (1905)
UEEL
Union des Églises évangéliques libres (libristes, 1849)
UEEM/F
Union de l’Église évangélique méthodiste de France
UNEPREF
Union nationale des Églises protestantes réformées évangéliques de France

Dossier en ligne · familles et repères · édition 2026

Approfondissement facultatifTrois œuvres contemporaines, onze annexesFomum et la CMFI · Horrobin et Ellel · Cerdan et Hopesland

De la synthèse historique aux annexes contemporaines

La frise s’arrête. La mission continue.

Le glossaire clôt le parcours principal. Les annexes quittent maintenant la vue d’ensemble pour suivre trois trajectoires et trois œuvres dont l’influence ou l’activité se prolonge aujourd’hui. Leur présence ici n’en fait ni des modèles équivalents, ni un échantillon exhaustif du protestantisme contemporain.

Zacharias Tanee Fomum · 1945–2009

CMFI · CMCI

Un fondateur décédé dont le mouvement missionnaire, les communautés et les écrits continuent d’agir aujourd’hui.

Mouvement missionnaire et implantation d’Églises

Peter Horrobin · né en 1943

Ellel Ministries

Un fondateur britannique ayant transmis la direction internationale ; le réseau poursuit ses activités de formation et de ministère de prière.

Œuvre paraecclésiale internationale

Cyril Cerdan

Hopesland Ministries

Un missionnaire et formateur français lié à une association déclarée et à un réseau de communautés actuellement actif.

Association, ministère et réseau de communautés

Une tâche encore inachevée

L’évangélisation du monde contemporain reste à poursuivre.

Dans la perspective missionnaire qui anime ces œuvres, l’annonce de l’Évangile n’appartient pas seulement au passé. Des langues, des territoires, des générations et des milieux sociaux demeurent encore peu atteints, ou reçoivent un message chrétien difficilement accessible ou mal compris. « Achever l’évangélisation » ne signifie ni conquérir ni uniformiser : il s’agit de rendre l’Évangile accessible et intelligible, d’en témoigner avec respect, et de l’incarner par la formation, l’envoi, le service et l’attention aux plus fragiles.

Le fil ouvert par au début du dossier revient ici : l’histoire racontée n’est pas seulement une mémoire, mais aussi une responsabilité présente. Les annexes montrent trois réponses particulières à cette responsabilité, sans prétendre résumer toutes les formes actuelles de la mission.

Annexe · hors série principale

Trois trajectoires et trois œuvres contemporaines

Les onze annexes qui suivent documentent séparément Zacharias Tanee Fomum et la CMFI–CMCI, Peter Horrobin et Ellel Ministries, puis Cyril Cerdan et Hopesland Ministries. Ce rapprochement éditorial sert la comparaison ; il n’établit entre eux aucune filiation ni affiliation institutionnelle.

Annexe 1 / 11 · hors numérotation des pages

Frise — Zacharias Tanee Fomum et la CMFI

Complément de la frise · Cameroun · XXe–XXIe siècle

Zacharias Tanee Fomum
et la naissance de la CMFI

Une trajectoire camerounaise à la croisée du presbytérianisme, du réveil évangélique, d’un milieu pentecôtiste et d’un projet missionnaire autonome.

Naissance

20 juin, au Cameroun, dans une famille presbytérienne ; son père Solomon est pasteur.

biographie affiliée
Conversion personnelle

Il date sa « nouvelle naissance » du 13 juin, à onze ans.

témoignage CMFI
Consécration

Il situe au 1er octobre son engagement total au service de Jésus-Christ.

témoignage CMFI
Saint-Esprit

Il rapporte un remplissage particulier du Saint-Esprit le 24 octobre.

témoignage CMFI
Doctorat

Doctorat de chimie organique à Makerere University.

carrière attestée
Yaoundé et CMFI

Professeur à l’Université de Yaoundé I ; fondation de la CMFI le 12 mai selon le mouvement.

sources croisées
D.Sc.

Doctor of Science décerné par Durham University, selon sa biographie scientifique.

universitaire
Décès

14 mars, à 63 ans. Le mouvement missionnaire lui survit.

date confirmée
Réforme réforméePresbytérianisme camerounaisFull Gospel MissionCMFI · 1975

Lecture : la ligne du bas décrit un itinéraire institutionnel simplifié, non une filiation mécanique. Une recherche universitaire situe Fomum d’abord dans la Presbyterian Church in Cameroon, puis à la Full Gospel Mission, avant la création de son propre mouvement à Yaoundé.

Annexe 2 / 11 · hors numérotation des pages

Galerie — Zacharias Tanee Fomum

Galerie des figures · Afrique francophone

1945–2009 · scientifique camerounais, prédicateur, auteur et fondateur de la Christian Missionary Fellowship International (CMFI), appelée Communauté Missionnaire Chrétienne Internationale (CMCI) en français.

Scientifiquechimie organique, recherche et formation universitaire
Évangélisteconversion, repentance et annonce de l’Évangile
Formateurdiscipulat reproductif, prière, jeûne et mission
Auteurspiritualité, sanctification et combat spirituel

Prudence documentaire : la carrière universitaire et les dates publiques sont corroborées par des sources académiques ou contemporaines. Les épisodes intérieurs et plusieurs grands totaux proviennent surtout de la CMFI ou de ministères proches ; ils sont donc présentés ici avec leur statut de source.

Annexe 3 / 11 · hors numérotation des pages

Fiche famille — CMFI / CMCI

Fiche famille · mouvement missionnaire africain autonome

CMFI / CMCI

Le mouvement naît à Yaoundé en 1975 autour de Zacharias Tanee Fomum. Il combine un cœur évangélique, une spiritualité pentecôtiste-charismatique et une stratégie missionnaire de discipulat.

CMFI · anglaisChristian Missionary Fellowship International — nom anglais et sigle international du mouvement.
CMCI · françaisCommunauté Missionnaire Chrétienne Internationale — appellation française employée dans les pays francophones.

À retenir : CMFI et CMCI ne désignent pas deux mouvements différents. Ce sont les formes anglaise et française du même mouvement fondé par Zacharias Tanee Fomum ; l’usage du sigle varie selon la langue et la branche locale.

D’où vient-elle ? — itinéraire documenté

Racines familiales

Milieu presbytérien camerounais : Fomum grandit dans la famille d’un pasteur presbytérien et appartient d’abord à cette Église.

Passage pentecôtiste

Une recherche universitaire le situe ensuite à la Full Gospel Mission, contexte pentecôtiste classique important pour comprendre son langage sur le Saint-Esprit.

Fondation autonome

Il ne reprend pas simplement une dénomination étrangère : il crée à Yaoundé une œuvre camerounaise propre, structurée autour de la prière, du discipulat et de la mission.

Expansion missionnaire

La CMFI — ou CMCI dans l’espace francophone — se présente comme un mouvement international d’implantation d’Églises. Les statistiques mondiales actuelles sont auto-déclarées et changent ; elles ne sont pas utilisées ici comme preuve historique.

Accent théologique et pratique

Conversion et repentance

Nouvelle naissance personnelle, foi en Jésus-Christ et rupture avec le péché.

Sainteté exigeante

Obéissance radicale, consécration, discipline personnelle et « mort à soi ».

Prière et jeûne

Pratiques intensives considérées comme centrales pour la vie chrétienne et la mission.

Saint-Esprit et mission

Remplissage, puissance pour le témoignage, évangélisation et combat spirituel.

Classement le plus juste

Un mouvement évangélique de réveil, africain et missionnaire, de sensibilité pentecôtiste-charismatique. Il ne descend pas directement d’Azusa Street ou des Assemblées de Dieu : sa généalogie immédiate passe par le presbytérianisme camerounais, un contact avec la Full Gospel Mission, puis une fondation indépendante.

Nuance : une étude de terrain publiée sur le pentecôtisme camerounais rapporte qu’au milieu des années 2000 la CMFI rejetait explicitement l’étiquette d’« Évangile de prospérité ». Cette observation datée ne suffit pas, à elle seule, à décrire toutes les assemblées actuelles.

Annexe 4 / 11 · hors numérotation des pages

Récapitulatif — influences et position de Fomum

Récapitulatif · filiation, influences, position

De quelle influence
vient Fomum ?

Il faut distinguer la lignée institutionnelle de ses lectures et modèles personnels. Un auteur peut être influencé par quelqu’un sans appartenir à son Église ni recevoir de lui une succession officielle.

Lignée d’Église

Presbytérianisme camerounais → Full Gospel Mission → CMFI autonome. C’est le trajet le mieux documenté par une étude universitaire indépendante.

Influence majeure déclarée

Watchman Nee est présenté dans le livre autobiographique consacré à ses influences comme son « père spirituel » et son influence principale : vie intérieure, croix, brisement de l’homme extérieur, consécration et vie d’Église.

Réveil occidental

John Wesley, Charles Finney et Charles Spurgeon sont explicitement cités parmi les influences occidentales : sainteté, conversion, réveil, prédication et évangélisation.

Prière

E. M. Bounds est associé par la CMFI à un tournant de 1970, notamment par la lecture de Power Through Prayer : la prière devient une discipline structurante et une marque du mouvement.

Réveil africain

Festo Kivengere, figure du réveil évangélique d’Afrique de l’Est, est également nommé parmi les influences africaines. Cela inscrit Fomum dans une histoire de réveil qui n’est pas seulement importée d’Europe ou d’Amérique.

Conclusion historique et théologique

Fomum appartient nettement à l’évangélisme par l’autorité biblique, la conversion, la croix et la mission ; il relève aussi d’une sensibilité pentecôtiste-charismatique par son expérience du Saint-Esprit et son passage à la Full Gospel Mission. Sa synthèse propre est particulièrement marquée par Watchman Nee, le réveil de sainteté, la prière intensive et un discipulat missionnaire très exigeant.

Comparer bibliquement : ses appels à la conversion, à la prière, au jeûne, à la sainteté et à la mission ont de nombreux parallèles bibliques. L’examen doit ensuite porter sur la manière dont l’autorité pastorale, les vœux, les pratiques ascétiques, le combat spirituel et les récits d’expériences sont encadrés par le Nouveau Testament — sans confondre intensité spirituelle et preuve automatique de justesse.

Annexe 5 / 11 · hors numérotation des pages

Frise — Peter Horrobin et Ellel Ministries

Complément de la frise · Angleterre · XXe–XXIe siècle

Peter Horrobin
et la naissance d’Ellel Ministries

Une trajectoire britannique qui relie formation scientifique, édition évangélique, prière pour la restauration des personnes et création d’un ministère international non confessionnel.

Naissance

Novembre, à Bolton dans le Lancashire, au sein d’un foyer chrétien évangélique.

biographie de l’auteur
Oxford

Fin de ses études de chimie et de recherches en microbiologie à Christ Church, Oxford.

biographie de l’auteur
Vision de restauration

En restaurant une Alvis ancienne, il rapporte avoir reçu l’appel à se consacrer aux « vies brisées ».

récit autobiographique
The Christian Trust

Création de l’organisme caritatif destiné à porter un futur ministère de guérison et d’évangélisation.

biographie de l’auteur
Mission England

Engagement régional dans la campagne de Billy Graham et contribution à l’origine du recueil Mission Praise.

biographie de l’auteur
Ellel Grange

Achat du domaine le 31 octobre ; ouverture du premier centre et naissance institutionnelle d’Ellel Ministries.

site officiel Ellel
Ellel France

Création de l’association Ellel Ministries France à Saint-Laurent-du-Pont.

RNA · Sirene
Transmission

Après trente-six ans, Peter Horrobin quitte la direction internationale d’Ellel Ministries.

biographie actualisée
Évangélisme britanniqueVision et prière · 1970The Christian Trust · 1977Ellel Ministries · 1986

Lecture : la ligne du bas décrit un itinéraire personnel et institutionnel, non une nouvelle dénomination protestante. Le récit de l’appel de 1970 appartient au témoignage de Peter Horrobin et d’Ellel ; l’achat d’Ellel Grange en 1986 et la structure française de 2011 sont des repères institutionnels distincts.

Annexe 6 / 11 · hors numérotation des pages

Galerie — Peter Horrobin

Galerie des figures · Évangélisme britannique

Né en 1943 · scientifique de formation, enseignant, éditeur, auteur et fondateur d’Ellel Ministries, qu’il a dirigé internationalement jusqu’en 2022.

Scientifique et enseignantchimie, microbiologie et enseignement supérieur
Éditeurédition technique, librairie et compilation de recueils
FondateurEllel Ministries et développement international de centres
Auteur et formateurouvrages et enseignements sur guérison, délivrance et discipulat

Prudence documentaire : les dates de formation, de carrière, de fondation et de transmission sont publiquement situables. Le récit de l’appel reçu en restaurant l’Alvis appartient au témoignage spirituel de Peter Horrobin et aux sources officielles d’Ellel ; il est présenté ici comme tel. La photographie provient de la page biographique officielle d’Ellel UK.

Annexe 7 / 11 · hors numérotation des pages

Fiche ministère — Ellel Ministries

Complément · ministère chrétien international · depuis 1986

Ellel
Ministries

Fondé dans le nord-ouest de l’Angleterre par Peter Horrobin, Ellel se définit comme un ministère chrétien international non confessionnel qui cherche à servir l’ensemble du Corps du Christ.

Origine

Le ministère commence en 1986 à Ellel Grange, près de Lancaster. Le siège international demeure associé à ce centre anglais.

Fonction principale

Accueillir, enseigner sur le Royaume de Dieu, proposer un ministère de prière aux personnes en demande et former des chrétiens à l’accompagnement.

Accent spirituel

Guérison intérieure, prière, délivrance, restauration, discipulat et formation. Ces termes décrivent la doctrine et la pratique revendiquées par Ellel ; ils ne constituent pas une évaluation clinique.

Rapport aux Églises

Ellel affirme travailler avec et pour des Églises de plusieurs dénominations. Son rôle déclaré est celui d’une œuvre de service et de formation, non celui d’une union d’Églises.

International

Un réseau de centres et d’équipes dans plusieurs pays, reliés à Ellel Ministries International. Le nombre et la liste des implantations sont des données évolutives.

En France

Ellel Ministries France est une association déclarée, créée le 25 juillet 2011, identifiée au RNA sous le numéro W381011863 et au répertoire Sirene sous le numéro 534 211 545.

Objet déclaré

Former à la relation d’aide et à l’accompagnement, accueillir et soutenir des personnes en détresse, et promouvoir des actions de bienfaisance et de formation, en lien avec Ellel Ministries International.

Classement le plus juste

Une organisation chrétienne paraecclésiale et interconfessionnelle de formation et de ministère de prière. « Paraecclésiale » signifie qu’elle agit à côté des Églises et à leur service ; cela ne veut dire ni « Église locale », ni « dénomination », ni « fédération d’Églises ».

Précaution : les expressions « guérison » et « délivrance » sont ici rapportées comme le vocabulaire religieux propre au ministère. Elles ne désignent pas un service de santé et ne remplacent pas un suivi médical, psychologique ou social professionnel.

Annexe 8 / 11 · hors numérotation des pages

Comparaison de statut — Ellel et CMFI / CMCI

Ne pas confondre proximité spirituelle et identité institutionnelle

Deux œuvres évangéliques,
deux statuts différents

Ellel Ministries et la CMFI–CMCI peuvent partager certains thèmes — prière, discipulat, action du Saint-Esprit ou combat spirituel — sans former le même type d’organisation.

Critère
Ellel Ministries
CMFI / CMCI
Nature
Ministère chrétien international non confessionnel ; œuvre paraecclésiale de service.
Mouvement évangélique missionnaire autonome, organisé pour former des disciples et implanter des Églises.
Fonction
Enseignement, formation, retraites, accompagnement et ministère de prière.
Évangélisation, discipulat, vie communautaire et développement d’assemblées locales.
Public
Des chrétiens venant d’Églises diverses ; Ellel affirme travailler avec les Églises locales.
Des membres, disciples, responsables et assemblées rattachés au mouvement selon ses structures nationales et locales.
Appartenance
Participer à une formation ou recevoir un accompagnement n’établit pas, à lui seul, une appartenance ecclésiale.
L’appartenance se rapporte normalement à une communauté ou à une structure du mouvement.
France
Association déclarée : RNA W381011863 ; SIREN 534 211 545. Cette forme juridique soutient une activité de ministère et de formation.
Les structures juridiques peuvent varier selon les pays et les assemblées ; le statut religieux pertinent reste celui d’un mouvement d’implantation d’Églises.
Différence décisive

Ellel équipe et accompagne des personnes issues de plusieurs Églises ; la CMFI–CMCI constitue et développe ses propres communautés. Les présenter dans la même annexe sert donc la comparaison historique et théologique, mais ne prouve aucune relation organique entre elles.

Note de méthode : il faut distinguer trois plans : le statut juridique d’une entité locale, sa fonction religieuse et son éventuelle affiliation. Une association déclarée peut soutenir des activités très différentes ; le seul mot « association » ne suffit donc pas à conclure qu’Ellel et la CMFI–CMCI ont le même statut ecclésial.

Annexe 9 / 11 · hors numérotation des pages

Frise — Cyril Cerdan et Hopesland Ministries

Complément de la frise · France · XXIe siècle

Cyril Cerdan
et le développement de Hopesland

Une trajectoire missionnaire française qui associe témoignage de conversion, formation biblique, action humanitaire, pratiques charismatiques et constitution récente d’une association et d’un réseau de communautés.

Parcours personnel

La biographie officielle évoque un parcours personnel difficile avant sa conversion, rapporté dans son témoignage.

témoignage officiel
Conversion

Il dit avoir rencontré le Christ et avoir été libéré de ses addictions et de ses « liens » spirituels.

témoignage officiel
Formation et appel

Le site mentionne une formation théologique, une reconnaissance dans le ministère et un appel à « équiper les saints ».

site Hopesland
Missions humanitaires

Il est présenté comme missionnaire engagé dans l’action humanitaire et président d’Empreinte d’Espoir.

sites officiels
Association Hopesland

Hopesland Ministries est active depuis le 27 février comme association déclarée, RNA W261006729.

répertoire Sirene
Réseau de communautés

Hopesland dit réunir des communautés partenaires ; Cyril Cerdan est aussi présenté comme pasteur de Parole de Vie.

site Hopesland
Formations et missions

Le calendrier mentionne France, Suisse, Luxembourg et La Réunion, avec enseignements, guérison et délivrance.

calendrier officiel
Coopération avec ELLEL

Une formation mensuelle est annoncée à Saint-Laurent-du-Pont avec Patrick Chambron et Cyril Cerdan.

calendrier officiel
Conversion revendiquée · 2010Missions humanitaires · dès 2014Association Hopesland · 2025Réseau et formations · 2026

Lecture : cette frise distingue le témoignage spirituel de Cyril Cerdan, les affirmations doctrinales de Hopesland et les repères administratifs vérifiables. Le titre d’« apôtre » appartient à la communication du ministère ; il ne correspond pas à un statut juridique ni à une fonction reconnue par l’ensemble des Églises protestantes.

Annexe 10 / 11 · hors numérotation des pages

Galerie — Cyril Cerdan

Galerie des figures · Évangélisme charismatique français

Missionnaire principal de Hopesland Ministries, formateur et responsable de réseau ; sa communication emploie également le titre d’« apôtre », présenté ici comme un titre interne au ministère.

Missionnaireévangélisation, campagnes et actions humanitaires en France et dans les nations
Pasteurprésenté par Hopesland comme pasteur principal de Parole de Vie
Formateurdiscipulat, Bible, prophétie, guérison et délivrance
« Apôtre »titre revendiqué dans la communication du réseau, sans portée administrative générale

Prudence documentaire : le parcours antérieur à 2010, la conversion, la délivrance et l’appel relèvent du récit autobiographique diffusé par Hopesland. L’existence juridique de l’association depuis 2025 et le calendrier public sont vérifiables séparément. La photographie provient du site de la Rencontre Foi, Guérison et Délivrance 2025.

Annexe 11 / 11 · hors numérotation des pages

Fiche ministère — Hopesland Ministries

Complément · association, ministère et réseau chrétien · France

Hopesland
Ministries

Hopesland — et non « Homeland » — se présente comme une œuvre chrétienne missionnaire et humanitaire voulant « impacter les nations par l’Évangile », tout en réunissant un réseau de communautés partenaires.

Statut administratif

Association déclarée active depuis le 27 février 2025. Le siège déclaré se situe à Crest, dans la Drôme.

Fonctions revendiquées

Évangélisation, missions, aide humanitaire, formations bibliques, discipulat et organisation de réunions en France et à l’étranger.

Doctrine publiée

Salut par grâce au moyen de la foi, Jésus-Christ comme unique médiateur, baptême par immersion, ouverture aux dons du Saint-Esprit et recours aux « cinq ministères » d’.

Pratiques mises en avant

Guérison, délivrance, prophétie, « signes, miracles et prodiges », formation de disciples et dimension dite apostolique. Il s’agit du vocabulaire religieux revendiqué par l’œuvre.

Réseau

Le site dit rassembler des communautés partenaires démarrées ou formées au travers du ministère sous le nom Hopesland. L’association et le réseau religieux sont donc liés, mais ne doivent pas être confondus avec une fédération protestante.

Orientation

Le classement descriptif le plus proche est évangélique charismatique, à accent pentecôtisant et apostolique-prophétique. C’est une analyse de ses croyances et pratiques publiées, non l’affirmation d’une affiliation dénominationnelle officielle.

Calendrier 2026

Le programme publié mentionne notamment Saint-Laurent-du-Pont, Le Creusot, plusieurs lieux en Suisse, le Luxembourg et La Réunion, ainsi que des formations en présence ou à distance.

Lien avec ELLEL

Hopesland annonce une formation biblique mensuelle à Saint-Laurent-du-Pont avec Patrick Chambron, présenté comme responsable d’ELLEL Ministries, et Cyril Cerdan. Cette coopération ponctuelle ne démontre ni fusion, ni affiliation, ni identité doctrinale complète.

Classement le plus juste

Une association chrétienne portant un ministère missionnaire et de formation, ainsi qu’un réseau de communautés à identité évangélique charismatique. Hopesland n’est pas, d’après les éléments consultés, une union nationale d’Églises comparable à la FPF ou au CNEF.

Précaution : les termes « guérison », « délivrance », « prophétie », « miracles » et « apôtre » sont rapportés comme le vocabulaire de Hopesland. Ils ne constituent ni une validation médicale des témoignages publiés, ni une appréciation de l’autorité spirituelle revendiquée. Toute situation de santé requiert un accompagnement professionnel approprié.

Dernier repère avant les sources

Rassembler avec le Christ

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. »

Cette parole n’autorise pas à distribuer hâtivement des verdicts sur les personnes ou les œuvres présentées. Dans son contexte, Jésus appelle chacun à se déterminer devant son action. Placée ici, elle rappelle que l’enjeu ultime n’est ni le prestige d’un nom, ni l’extension d’une organisation, mais le discernement de ce qui conduit réellement vers le Christ, rassemble autour de lui et porte du fruit dans la vérité, l’amour et le service. Les sources qui suivent donnent au lecteur les moyens de poursuivre ce discernement.

Sources

Les repères de ce dossier s’appuient sur les sites officiels des unions et mouvements présentés, sur des travaux universitaires et sur le Musée virtuel du protestantisme. Certaines dates de fondations locales peuvent varier de quelques années selon les sources. Les cartes ont été établies à partir de données géographiques du domaine public ; les positions des foyers sont approximatives. Lorsqu’un mouvement se raconte lui-même, la recherche universitaire permet de mesurer l’écart entre le récit interne et l’histoire documentée : les deux sont utiles, elles ne se lisent pas de la même manière.

Sources de l’annexe hors série

Références historiques de fond

  • Sébastien Fath, Une autre manière d’être chrétien en France. Socio-histoire de l’implantation baptiste (1810-1950), Labor et Fides.
  • Sébastien Fath et Jean-Paul Willaime (dir.), La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle, Labor et Fides.
  • André Encrevé (dir.), Les protestants (Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine), Beauchesne.
  • Patrick Cabanel, Histoire des protestants en France, XVIe-XXIe siècle, Fayard.
  • Jean Baubérot, Histoire du protestantisme, PUF, « Que sais-je ? ».
  • Musée virtuel du protestantisme — notices thématiques et biographiques.

Sources des nouveaux repères et des corrections

Ces documents complètent les sources du dossier. Les textes anciens donnent accès aux formulations de leur époque ; les présentations confessionnelles décrivent aussi la manière dont une Église se comprend. Consultation : septembre 2026.

Premiers siècles et conciles

Précurseurs, Réformes et familles

Réveils, missions et coopérations

Emporter le parcours

Préparez les textes, les images, les polices et les animations pour les relire sans connexion dans ce navigateur. Les liens vers les autres sites et l’envoi de messages nécessitent Internet.

Attendez la confirmation de fin avant de couper la connexion.

Un mot à l’auteur ?

Laissez-moi un message

Une erreur à signaler, une omission, une question, ou simplement un encouragement : ce dossier est fait pour être corrigé et enrichi. Votre message m’est transmis en privé ; il n’est pas publié sur le site.

Confidentialité : votre message est acheminé vers la boîte de l’auteur par le prestataire technique Web3Forms, puis traité pour vous répondre. Il n’est pas publié sur le site. Prénom et courriel sont facultatifs ; vous pouvez demander à l’auteur la suppression de votre message par ce même formulaire.